Mines: pas d’uranium dans les eaux de la Dordogne, selon l’IRSN

Le 27 mai 2016 par Marine Jobert
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Les anciens sites miniers d'uranium.
Les anciens sites miniers d'uranium.
IRSN

Plus de 50 années d’exploitation d’uranium ont-elles laissé des cadeaux empoisonnés dans les cours d’eau français? Pas dans le bassin versant amont de la Dordogne, répond l’Institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN), qui a mené une première évaluation de l’état radiologique des lieux.

Quelle est l’incidence de l’exploitation minière d’uranium sur l’état radiologique du bassin versant de la Dordogne? C’est l’objet d’un rapport réalisé par l’IRSN. Une recherche de près de 4 ans, menée dans le cadre du programme Mimausa[1], dont l’objectif est de «constituer, de tenir à jour et de rendre publique une source d’information complète sur la localisation, l’historique et la situation administrative des sites miniers d’uranium». Pas moins de 4 grands bassins versants sur les 6 que compte la France sont concernés par l’activité minière d’uranium. «Pour des raisons de localisation des sites miniers», l’IRSN s’est concentré sur le bassin versant amont de la Dordogne, qui court sur plusieurs départements: Puy-de-Dôme, Cantal, Creuse, Corrèze, Lot et Dordogne.                 

L’uranium a été exploité en France entre 1948 et 2001, sur près de 250 sites répartis sur 27 départements. Au total, 52 millions de tonnes de minerais extraits des mines françaises ont été traitées pour produire 76.000 t d’uranium. Environ 200 Mt de roches dites ‘stériles’ ont été générées.

Fromages, légumes et poissons

Objectif: relever les concentrations en uranium et en radium 226 à chaque confluence du réseau hydrographique et préciser l’incidence des anciens sites miniers. 50 prélèvement des écoulements d’eau de surface ont été effectués, en amont et en aval de l’ensemble des sites du bassin versant et au niveau des principales confluences. Des collectes de sédiments et de végétaux aquatiques ont aussi été réalisées. D’autres compartiments que ceux envisagés initialement ont également été analysés, sur proposition d’acteurs locaux, comme la production locale de fromages, de légumes, ou sur le gibier ou le poisson. Des analyses supplémentaires, portant notamment sur les descendants de l’uranium 238 et du radium 226, ont été réalisées sur ces derniers.

Résultats rassurants

Résultats pour l’eau: les activités observées dans le cadre du constat minier «avoisinent les niveaux mesurés dans l’environnement naturel, de l’ordre de 0,1 à 0,5 microgramme par litre (μg/L)». Des résultats qui fluctuent selon l’origine géographique des échantillons. L’activité moyenne du radium 226 dans l’eau du bassin versant est de 0,012 becquerel par litre (Bq/L), similaire à celle observée dans l’environnement courant. Même constat rassurant pour les sédiments: l’activité de l’uranium 238 dans les sédiments pour l’ensemble du bassin versant est de l’ordre de 40 becquerels par kilo (Bq/kg) sec en moyenne. «Ces activités sont cohérentes avec celles rencontrées dans des environnements de type sédimentaire ou granitique», note l’IRSN. Les activités du radium 226 varient dans des proportions comparables au sein de chacun des secteurs échantillonnés. RAS du côté des denrées analysées.

 

 

 

 



[1] Mimausa: Mémoire et impact des mines d’uranium: synthèse et archives. Un travail réalisé en lien avec les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et Areva Mines (anciennement la Cogema), qui a repris la responsabilité de la plupart des anciens sites miniers encore couverts réglementairement par la police des mines. Une vingtaine, sans exploitant, relèvent de la responsabilité directe de l’Etat.

 



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