Mines: le renouveau français rencontre des oppositions

Le 20 février 2017 par Marine Jobert
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Le hameau de Couflens, siège d'une 1ère manifestation.
Le hameau de Couflens, siège d'une 1ère manifestation.

Les délivrances de permis de recherche de minerais se multiplient et suscitent des contestations locales en métropole. Opposant historique aux gaz de schiste, José Bové reprend du service.

La consultation sur le permis de ‘Kanbo’ (dans les Pyrénées-Atlantique) s’achevait le 17 février quand débutait celle concernant le permis de ‘Crique Sophie’ (Guyane). Entre les deux, près de 300 personnes ont manifesté à Saint-Girons (Ariège) le 18 février, pour protester contre la publication au Journal officiel du 11 février d’un troisième permis exclusif de recherches (PER) sur l’ancien site minier voisin de Salau. A chaque permis, ses spécificités et quelques points communs.

A cheval sur la Haute-Vienne et la Dordogne, un permis aurifère a également été délivré le 22 décembre 2016. Son nom: permis de Bonneval.

6 permis en 6 mois

Le permis guyanais vise à prospecter l’or sur un territoire de 42 kilomètres carrés. Avec un capital financier de 10.000 euros, la société par actions simplifiée Gaïa affiche un engagement financier de près de 646.500 €. En juillet, en septembre, puis en décembre 2016, l’Etat français avait délivré dans la même aire géographique des permis de recherche pour le même métal à des filiales de multinationales du secteur, comme IamGold, filiale d’un mastodonte australien du secteur minier. Autant de projets qui prospèrent sans susciter de mobilisation citoyenne, ou si peu.

L’amiante en question

«Variscan, fous le camp!» C’est avec cette aimable adresse que quelque 300 manifestants ont défilé samedi 18 février contre le permis délivré à l’entreprise Variscan (lire l’entretien accordé au Journal de l’environnement par le patron de Variscan), pour rechercher du tungstène[1] sur le site de Salau. Le projet de réouverture fait l’objet d’un vif débat local: ses opposants craignent des retombées environnementales et sanitaires –liées notamment à la présence supposée d’amiante, quand ses partisans, qui nient la présence de cet agent cancérigène, évoquent les importantes retombées économiques qu’en tirerait le département, fortement touché par le chômage. Variscan est confronté à une forte opposition en centre-Bretagne, où les trois permis qui lui ont été accordés sont âprement contestés et entravés sur le terrain.

Le retour de José Bové

Au pays basque, ce sont quelque 1.000 personnes qui ont défilé une semaine auparavant, le 11 février, dans les rues d’Espelette (Pyrénées-Atlantiques), contre le permis de recherche d’or de Kanbo, déposé par Sudmine. Le conseil exécutif de la communauté d'agglomération pays basque a validé à l'unanimité le principe d'une intervention de son président, le maire UDI de Bayonne Jean-René Etchegaray, dans le cadre de la consultation publique, pour contester le projet. En fin de semaine dernière, le conseil régional de Nouvelle Aquitaine a adopté, encore à l'unanimité, une motion contre l'autorisation de permis exclusifs de recherche de minerais et l'exploitation minière. Et un visage connu des opposants au gaz et pétrole de schiste s’est invité dans la contestation: José Bové. L’eurodéputé, qui met en avant les risques de pollution des sols, de l’eau et des écosystèmes, demande un moratoire sur les titres délivrés.

 



[1] Ainsi que de l’étain, du bismuth, du molybdène, du zinc, du plomb, du cuivre, de l’or, de l’argent.

 



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