Mines: la Bretagne sourit, l’Ariège frémit

Le 13 juin 2018 par Marine Jobert
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Le site de Couflens, riche en tungstène.
Le site de Couflens, riche en tungstène.

Si Appolo Minesa, en rachetant Variscan Mines, abandonne trois permis en centre Bretagne, la transnationale australienne entend bien forer en Ariège, dont le sous-sol recèlerait de l’amiante.

Un an quasiment jour pour jour après que les travaux d’exploration ont été suspendus en centre Bretagne, l’Etat vient d’annoncer que les trois permis de recherche octroyés en 2015 et 2016 vont être prochainement abrogés. Délivrés à l’entreprise Variscan Mines, en quête de tungstène, zinc, plomb et cuivre, ces permis (autour de Merléac et de Loc-Envel, dans les Côtes-d'Armor, et autour de Silfiac, à cheval sur ce même département et le Morbihan) avaient soulevé une fronde d’ampleur. Les maires des communes concernées en avaient, par dizaines, interdit l’accès aux engins et les collectifs d’associations avaient multiplié les manifestations et les recours juridiques.   

Solde des années Montebourg

C’est un héritage des années Montebourg qui s’éteint, quand le ministre du redressement productif s’enthousiasmait pour le «renouveau minier français». Variscan Mines, fondé par d’anciens du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), avait alors raflé une bonne demi-douzaine de permis, avant d’être racheté par l’Australien Appolo Minerals. C’est d’ailleurs la transnationale, spécialisée dans le tungstène, qui a décidé d’arrêter les frais en Bretagne. «Appolo Minerals n'est pas intéressé par les permis bretons, ont annoncé dans un communiqué le député Marc Le Fur (LR) et le premier vice-président du conseil départemental des Côtes-d'Armor, Thibaut Guignard. Variscan n'a pas prouvé ses capacités techniques et financières et l'Etat n'est pas favorable à un transfert de ces permis à une autre société.»

Amiante à Couflens

Ce retrait ne sonne pas le glas des activités engagées par Variscan Mines en France, bien au contraire. Son nouveau propriétaire australien mise beaucoup sur le permis de Couflens, objet d’un permis d’exploration délivré en février 2017. Un site, sur l’ancienne mine de Salau, qui regorgerait d’amphiboles, une catégorie d’amiante considérée comme extrêmement dangereuse, et en particulier d’actinolite. «La teneur en tungstène [de Couflens] est incroyable, 5 à 6 fois plus élevée que les autres gisements n’importe où dans le monde, s’enthousiasmait récemment Hugo Schumann, le directeur d’Apollo Minerals dans un entretien à l’Usine Nouvelle. Conscient des résistances sur le terrain, il promettait de «démontrer [leur] engagement environnemental et social à long terme». Et, «si nous pouvons renverser la tendance de l’emploi dans cette vallée où le taux de chômage est élevé, alors nous pourrons atteindre l’acceptabilité et obtenir ce permis social d’opérer».

 



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