Mines: des Bretons tentent de stopper un projet

Le 03 mars 2016 par Marine Jobert
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25 communes sont concernées par le permis de Loc-Envel.
25 communes sont concernées par le permis de Loc-Envel.

Trois permis de recherche ont été délivrés récemment en Centre-Bretagne. L’un d’entre eux, celui de Loc-Envel, est combattu par un collectif de citoyens opposés à l’exploration sur leurs terres. Un recours était examiné ce matin devant le tribunal de Saint-Brieuc.

Peut-on interdire à un prospecteur minier de survoler le périmètre pour lequel il détient un permis de recherche? C’est tout l’objet de l’assignation en référé défendue ce jeudi 3 mars par Jérôme Bouquet-Elkaïm, pour le compte du collectif Douar Didoull, devant le tribunal de grande instance de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor). En cause: le permis de recherche exclusif de mines (PERM) de Loc-Envel, accordé l’automne 2015 à la société Variscan Mines sur une zone de 336 kilomètres carrés.

Métaux rares

L’entreprise orléanaise, qui prospecte le zinc, le plomb, l’étain, l’or, l’argent, le tungstène ou encore le germanium, est un acteur important dans un paysage minier français en pleine tentative de renaissance. L’entreprise, fondée en 2010 par d'anciens ingénieurs du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et propriété des Australiens de Platsearch, a déjà fait parler d’elle. Elle est titulaire de nombreux permis dans l’ouest du pays, mais aussi dans les Pyrénées, où elle convoite l’ancienne mine de tungstène de Salau (Ariège), suspectée de renfermer de l’amiante.

Champ électromagnétique

En Centre-Bretagne, Variscan Mines a prévu de «sonder» par les airs les 25 communes concernées par le permis de Loc-Envel. «Ces recherches géophysiques aéroportées et héliportées reposent sur le magnétisme, la radiométrie spectrale ou spectrométrie gamma et enfin l’électromagnétisme», détaille le collectif. «Ces techniques ne rentrent pas dans les définitions des travaux miniers, explique Jérôme Bouquet-Elkaïm au Journal de l’environnement. En outre, ces émissions de champs électromagnétiques peuvent poser des risques sanitaires et des interférences avec les appareils d’assistance médicale.» L’avocat rennais pointe l’absence de toute évaluation préalable de ces techniques –notamment celle de l’électromagnétisme, jamais utilisée encore en métropole- et d’information sur les appareils et l’intensité employés. «Nous avons demandé une expertise, assortie d’une interdiction provisoire de survol», précise-t-il.

Accès refusé

Variscan Mines doit faire face à deux autres fronts juridiques, puisque le collectif Douar Didoull a également demandé l’annulation du PERM et conteste auprès du préfet le programme de travaux de l’entreprise. Sur le terrain, le collectif incite les habitants à refuser l’accès à leur propriété, en leur proposant de remplir un document de «refus de prélèvement». «Ce sont les portes de plusieurs milliers d’hectares qui sont déjà fermées à Variscan Mines. (…) Tout un chacun doit prendre conscience que chaque refus, s’ajoutant aux autres, est primordial sur le chemin de l’abrogation pure et simple de ce permis!», espère le collectif.

 

Variscan Mines est titulaire de deux autres PERM dans la même zone: les permis de Silfiac et de Merléac.

 

 



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