Mines cévenoles: Umicore sommé de confiner les déchets

Le 03 juillet 2018 par Romain Loury
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Des Cévennes polluées aux métaux lourds
Des Cévennes polluées aux métaux lourds
Frédéric Ogé

Le préfet du Gard, Didier Lauga, a sommé lundi 2 juillet le géant minier Umicore de confiner les déchets issus de ses anciennes mines cévenoles. En cause, une forte imprégnation de la population par les métaux lourds.

 

Fermées en 1955 et 1971, les mines de Carnoulès et de La Croix-de-Pallières, dans le nord du Gard, exploitaient du zinc, du plomb, ainsi que, pour la seconde, de la pyrite, de l’argent, du cadmium et du germanium. Cette activité a engendré une pollution très élevée par les métaux lourds, longtemps ignorée (voire passée sous silence) avant d’être pour la première fois quantifiée en 2008.

Cadmium, arsenic

Or une étude publiée lundi 2 juillet par l’agence Santé publique France confirme une forte imprégnation de la population locale: parmi les 651 personnes ayant consenti à livrer des échantillons sanguins et urinaires, 22% présentaient une sur-imprégnation à l’arsenic (135 personnes, dont 25 enfants) et 12% au cadmium.

Lors d’une conférence de presse organisée lundi 2 juillet à Nîmes, suite à une réunion du comité de suivi du dossier, le préfet du Gard a annoncé le lancement d’une procédure de mise en demeure d’Umicore, entreprise minière belge, afin qu’elle procède au confinement de cinq sites (trois à Saint-Félix-de-Pallières, deux à Thoiras).

Bataille juridique en vue

La multinationale pourrait ne pas l’entendre de cette oreille: elle ne s’estime responsable de la gestion que d’un seul des cinq sites, dénommé 'digue Umicore'. Quant aux quatre autres, «elle a toujours dit qu’[ils] ne relevaient pas d’elle puisqu’elle en était partie depuis 50 ans, mais je vais prendre un arrêté car du point de vue juridique, on estime qu’ils restent détenteurs des déchets qu’ils ont produits», a déclaré Didier Lauga lors de la conférence de presse.

La population appelée à se protéger

Face à cette pollution, l'Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie recommande à la population d’éviter de consommer des fruits et légumes cultivés sur des sols potentiellement contaminés, de ne pas laisser les enfants jouer dans la terre, ou encore de se couper les ongles courts. Cet automne, des panneaux, du type 'pique-nique déconseillé', seront apposés à proximité des sites concernés. La zone fait par ailleurs l’objet d’interdictions de construction ou d’agrandissement d’habitat.

Interrogé par l’Agence France Presse (AFP), Michel Bourgeat, de l’Association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (ADAMVM), a déclaré être «très déçu» par cette sommation du préfet. «Nous espérions que la dépollution allait débuter tout de suite, alors qu’on se dirige vers une bataille juridique qui peut durer des années», a-t-il ajouté, rappelant que son association demandait un fonds d’indemnisation.



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