Mine de Salau: le permis exclusif de recherches en consultation

Le 26 avril 2016 par Romain Loury
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La mine de Salau, fermée en 1986
La mine de Salau, fermée en 1986

Rouvrira, rouvrira pas? Un permis exclusif de recherches sur la mine de Salau, dans l’Ariège, est en cours de consultation publique jusqu’au samedi 30 avril, sur le site du ministère de l’écologie. La mobilisation s’amplifie chez les riverains, très opposés au projet pour des raisons de santé environnementale.

Après seulement 15 ans d’exploitation, la mine de Salau, dans les Pyrénées ariégeoises, a fermé en 1986 en raison de l’effondrement des cours du tungstène lié à la concurrence chinoise. Or la société française Variscan Mines, à capitaux australiens, se montre très intéressée par la reprise du site, et a déposé en novembre 2014 une demande de permis exclusif de recherche (PER).

Ce PER est en cours de consultation sur le site du ministère de l’économie, du 15 au 30 avril. Face à cette nouvelle étape, la mobilisation s’amplifie: mardi 19 avril, un collectif d’associations[i] s’est réuni à Toulouse pour décider de la marche à suivre, en présence de l’avocat parisien François Lafforgue et de la présidente de Ban Asbestos France, Annie Thébaud-Mony.

Que vient faire l’amiante dans cette histoire? C’est le nœud du problème. Pour les opposants au projet, sa présence est avérée, et l’amiante est même à l’origine de plusieurs décès d’anciens mineurs, suite à des mésothéliomes, des asbestoses et des cancers bronchopulmonaires.

Pas de risque amiante, pour Variscan

Pour Variscan, la mine renferme certes des amphiboles, dont de l’actinolite, mais elles ne sont pas asbestiformes. Et les décès s’expliqueraient soit par l’ancien système de freinage des engins, soit par le fait que plusieurs mineurs avaient travaillé dans des mines qui en contenaient, notamment au Maroc. A l’appui de leurs dires, ils fournissent un rapport d’experts, qu’Annie Thébaud-Mony juge «mensonger d’un point de vue géologique».

Contacté par le JDLE, le maire de Couflens-de-Salau, Henri Richl, se montre lui aussi très inquiet du projet, contre lequel son conseil municipal s’est montré opposé à l’unanimité lors d’une délibération en juillet 2015. Variscan n’a «aucun sans-gêne, se moque de tout le monde: ils veulent rouvrir l’entrée de la mine dans le village, des gens me disent déjà qu’ils veulent en partir », indique Henri Richl, qui craint l’impact des poussières d’amiante sur la population.

Le PER n’est qu’une première étape vers l’exploitation, qui exige l’émission d’un autre permis, encore plus exigeant en termes de dossier. Contactée fin 2015 par le JDLE, la préfète de l’Ariège, Marie Lajus, estimait qu’une éventuelle réouverture de la mine prendrait «plusieurs années, au moins cinq ans».



[i] France Nature Environnement, Comité écologique ariégeois, association Henri Pézerat, association Gratte-papiers (active sur le site de Salsigne, dans l’Aude), association Couflens-Salau Demain

 



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