Mine de Salau: Bercy contre-attaque

Le 03 juillet 2019 par Romain Loury
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La mine de Salau, en activité de 1971 à 1986
La mine de Salau, en activité de 1971 à 1986

Le ministère de l’économie va faire appel de l’annulation du permis exclusif de recherches (PER) relatif à la mine de Salau, sur la commune de Couflens (Ariège), a-t-il annoncé mercredi 3 juillet.

Vendredi 28 juin, le tribunal administratif de Toulouse décidait d’annuler le PER accordé en octobre 2016 à la société Variscan pour le site de Salau, mine de tungstène fermée en 1986. Laissant de côté les arguments sanitaires et environnementaux, sa décision reposait sur l’absence de garanties financières lors de la délivrance du permis.

Contacté lundi 1er juillet par le JDLE, qui souhaitait l’interroger sur ses intentions suite à ce jugement, le ministère de l’économie, qui avait délivré le PER, n’avait pas répondu. Il l’a fait mercredi 3 juillet par voie de communiqué, annonçant qu’il allait déposer appel devant la cour administrative d’appel de Bordeaux, dans un délai de deux mois.

«Il sera démontré que la société Variscan Mines disposait bien, au moment où le permis a été octroyé, des capacités financières nécessaires pour mener à bien les travaux de recherches et pour assumer ses obligations en matière de protection de l’environnement et de la santé des travailleurs pendant les travaux d’exploration», explique Bercy.

«Plus de 7 millions d’euros»?

La preuve de ces capacités financières? Depuis l’attribution du permis, l’unique actionnaire de Variscan (depuis 2018), l’Australien Appolo Minerals, a dépensé «plus de 7 millions d’euros», explique le ministère.

Contacté lundi par le JDLE, Jacques Renoud, adjoint au maire de Couflens et coprésident de Stop Mine Salau, s’interrogeait sur la réalité de cette somme: selon lui, ce sont au mieux «200.000 à 300.000 euros» qui ont été dépensés sur le terrain, car «on ne voit toujours pas de recherche minière».

Bercy compte par ailleurs demander un sursis à exécution de la décision d’annulation, en raison de «l’importance de ce projet pour la vitalisation de la vallée du Salat en Ariège et la sécurisation des approvisionnements en tungstène».

Variscan a déjà abandonné six autres PER, à savoir trois en Bretagne et trois en Pays-de-la-Loire, en juin 2018, en marge de son acquisition par Appolo Minerals. Celui de Couflens est le seul qui lui reste en France.



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