Mieux vaut manger du poulet bio ou alors bien cuit

Le 12 mars 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La plupart des poulets porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques.
La plupart des poulets porteurs de bactéries résistantes aux antibiotiques.
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L’UFC-Que Choisir n’a pas voulu troubler le salon de l’agriculture. L’association consumériste a donc attendu le début de cette semaine pour publier le résultat d’analyses de chair fraîche de poulet et de dinde. Des résultats pour le moins inquiétants.

Sur les 100 échantillons, achetés dans les grandes surfaces, les marchés et les boucheries françaises, 61% étaient porteurs de bactéries résistantes à une ou plusieurs familles d’antibiotiques. Pis, 23% des contaminations concernent des bactéries résistantes à des antibiotiques critiques, utilisés en médecine humaine en dernier recours pour des pathologies graves: les céphalosporines de 3e et 4e génération et les fluoroquinolones. Un peu de calme, toutefois, ces bactéries sont détruites à la cuisson.

«Loin d’être anodins, ces résultats ne peuvent manquer de susciter l’inquiétude, dès lors que les manipulations inévitables de ces viandes avant cuisson par les consommateurs contribuent, parmi d’autres vecteurs, à diffuser dans notre environnement ces bactéries antibiorésistantes», commente l’association dans un communiqué.

Comme on pouvait s’y attendre, toutes les volailles ne sont pas logées à la même enseigne: «Les volailles standards et premiers prix semblent plus impactées par l’antibiorésistance que les volailles biologiques. Si pour le Label rouge, la résistance est moindre, en revanche lorsqu’elle est présente, cela concerne les antibiotiques critiques, les plus forts».

Pas étonnant. Si l’on excepte les traitements obligatoires et les vaccins, les volailles bio ne reçoivent qu’un à trois traitements allopathiques chimiques par an, rappelle la Fédération nationale d'agriculture biologique.

Sacraliser l’engagement de réduction

Que faire pour améliorer pareille situation? Ne pas compter, semble-t-il sur les effets du plan Ecoantibio. Lancé en 2012, ce programme du ministère de l’agriculture vise à réduire d’un quart en 5 ans l’usage des antibiotiques en médecine vétérinaire. Problème: il n’est pas contraignant et incite les éleveurs à réduire le nombre de doses par un recours accru à des molécules plus puissantes. Résultat, commente l’UFC-Que Choisir, «si les éleveurs évoluent vers des antibiotiques plus puissants, ils respecteront l’objectif de réduction en volume, mais les bêtes seront, elles, tout autant exposées à l’antibiorésistance».

L’association alerte sur les conséquences possibles de l’accord de libre-échange que négocient actuellement l’Union européenne et les Etats-Unis (TTIP); un accord devant aboutir à une convergence des normes sur de nombreux secteurs, notamment l’alimentaire. Dans le cadre du vote, en cours, de la loi sur la modernisation de l’agriculture, l’ONG appelle les parlementaires à s’opposer à tout allègement réglementaire. Mieux, ce texte devra «sacraliser» l’engagement de réduction de 25% d’utilisation des antibiotiques, mesurée en termes d’exposition des bêtes et non de tonnage, et assortir cet objectif de sanctions dissuasives.

Elle demande également que les vétérinaires ne vendent plus les antibiotiques qu’ils prescrivent. Cette fonction devant rester l’apanage des pharmaciens.

Selon la Commission européenne, les infections causées par les micro-organismes résistants aux anti-microbiens sont responsables du décès de 25.000 patients chaque année. En outre, les coûts directs et indirects et les pertes de productivité induits par ce phénomène sont évalués à 1,5 milliard d’euros par an.



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