Mieux informer sur les produits toxiques du textile, pour mieux les bannir

Le 31 octobre 2013 par Marine Jobert
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Des ateliers textiles en Chine.
Des ateliers textiles en Chine.
©Greenpeace

Parce qu’ils sont truffés de produits chimiques, nos habits méritent une réglementation à part entière, pour protéger tout à la fois le consommateur, les travailleurs et l’environnement. C’est le message porté par Women in Europe for a Commun Future (WECF), qui vient de publier un rapport intitulé «Textiles: stop à l’overdose chimique!», et un guide pratique pour savoir quelles substances toxiques éviter dans les vêtements pour enfants. L’ONG y décline les incohérences juridiques, lacunes réglementaires et impasses pratiques qui conduisent à exempter de contrôles toxicologiques réels et de surveillance effective la quasi-totalité des quelque 1.900 substances chimiques employées par le secteur textile. Elle plaide pour l’adoption d’une directive unique au plan communautaire (comme pour les jouets), un degré de protection élevé pour les textiles destinés aux enfants, l’établissement d’une liste de substances chimiques dangereuses à interdire et, in fine, une réduction de leur usage.

 

Faible traçabilité

Des ateliers du Bangladesh aux armoires de Clermont-Ferrand, le chemin est long et les intermédiaires nombreux. Comme en témoigne une designer textile interrogée par WECF, «chaque intermédiaire ne s’intéresse pas à ce qu’a fait le précédent (…) Il faudrait des moyens suffisants pour procéder à des inspections, contrôles, etc.; mais l’optimisation des coûts et la recherche des produits les moins chers n’y sont pas favorables.» Des pesticides utilisés pour faire pousser le coton aux impressions textiles d’une chemise, ce sont des centaines de substances qui sont utilisées. Sur les 1.900 substances identifiées, 165 ont été classées comme dangereuses au niveau européen. L’échelon européen peut d’ailleurs s’avérer décevant en termes de protection. WECF relève que la Chine est plus exigeante, sur le papier à tout le moins, quant à la présence de formaldéhyde dans les textiles, puisque le pays limite à 75 parties par million (ppm) sa présence dans les produits entrant en contact direct avec la peau, contre un seuil de 100 ppm pour la France.

 

Informations lacunaires

Que les produits chimiques aient été utilisés pour traiter le textile –ils sont alors censés ne pas y demeurer- ou qu’ils soient prévus pour améliorer le tissu –comme les traitements anti-taches- le consommateur ignore tout de leur composition, voire de leur présence. C’est par exemple le cas des antibactériens comme le triclosan (perturbateur endocrinien), que l’on retrouve abondamment dans les eaux usées et les boues d’épuration. Sans compter que l’interdiction d’une substance en Europe n’entraîne pas forcément la restriction à l’import des produits en contenant. Ainsi des éthoxylates de nonylphénol, qui font l’objet de restrictions en Europe, mais qui, incorporés aux vêtements, peuvent être vendus sur notre territoire, assure WECF.

Textiles toxiques

Ce travail s’inscrit dans le droit fil des investigations menées par des agences sanitaires ou des ONG sur la présence de substances délétères dans les habits. Ainsi, Greenpeace Allemagne avait trouvé dans des vêtements de sport et de plein air en octobre 2012 des composés perfluorés (PFC), ainsi que des concentrations suspectes d’acide perfluorooctanoïque (PFOA) et des taux élevés d’alcools fluorotélomériques (FTOH). Un mois plus tard, Greenpeace France avait révélé la présence de substances toxiques dans des articles de 20 marques très répandues, comme des éthoxylates de nonylphénol (qui se dégradent en nonylphénol, un perturbateur endocrinien), des phtalates et des colorants azoïques (qui libèrent des amines cancérogènes).

 



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