Mieux connaître les zones humides pour mieux les protéger

Le 27 mars 2018 par Stéphanie Senet
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Aucun inventaire précis à ce jour...
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Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a publié, ce 27 mars, une synthèse sur les zones humides dans le cadre de l’évaluation française sur les écosystèmes et les services écosystémiques (EFESE). Un document qui pointe l’état incomplet des connaissances.

Camargue, Brenne, golfe du Morbihan... Couvrant près de 13 millions d’hectares, les milieux humides représentent 23% du territoire métropolitain. Une estimation issue de données cartographiques[1], aucun inventaire précis n’étant disponible à ce jour. Aucun doute en revanche sur leur destin: environ la moitié d’entre eux ont disparu entre 1960 et 1990 à cause de l’urbanisation et de l’agriculture.

 

Face aux polluants, à l’agriculture, et au réchauffement

Ces écosystèmes sont les moins bien conservés au niveau national alors qu’ils abritent 45% des espèces menacées en France métropolitaine. Sans surprise, moins de la moitié des zones humides sont jugées en bon ou très bon état au regard des critères de la directive-cadre sur l’eau de 2013, à cause de trois pressions majeures. Elles sont en effet les vecteurs de pollutions comme l’azote, le phosphore, les métaux lourds et les polluants organiques (pesticides, polychlorobiphényles ou PCB, etc.). Elles sont soumises à des fragmentations et des destructions d’habitats et subissent un stress hydrique croissant à cause du réchauffement climatique et de l’essor des cultures fortement consommatrices d’eau.

 

Des milliards d’euros

Destiné principalement aux décideurs, le dernier opus du CGDD a évalué les services écosystémiques de ces milieux précieux pour la biodiversité. Soit 240 millions d’euros par an issus de la pêche[2], conchyliculture et pisciculture, auxquels il faut ajouter 2 Md€ pour la seule rétention de l’azote par les rivières. Autant d’économies pour le traitement en station d’épuration. Difficilement quantifiable, leur rôle d’atténuation des phénomènes de crue évite de nombreux dommages matériels.

Cela ne s’arrête pas là. Les zones humides approvisionnent aussi le secteur de l’énergie (algues pour la production de biocarburants), stockent du carbone et abritent de nombreuses activités touristiques et de loisir, etc. Les auteurs appellent d’ailleurs les pouvoirs publics à établir un panorama chiffré exhaustif de l’ensemble des biens et services rendus par ces milieux. Outre-mer compris.

 

 



[1] Une carte a été réalisée en 2014 par l’Inra et AgroCampus Ouest

[2] Y compris maritime

 



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