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Micropolluants, mais très présents…

Le 25 octobre 2011 par Geneviève De Lacour

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) a publié le 14 octobre dernier un bilan, réalisé sur la période 2007-2009, axé sur la présence de micropolluants dans les eaux continentales françaises.

Un document de plus de 50 pages qui examine près de 950 substances différentes, dont 60% environ sont des pesticides et le reste appartenant aux familles des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des retardateurs de flammes, des PCB, des solvants chlorés ou des métaux. Mais les résultats ne concernent ni les eaux destinées à la consommation humaine, ni les polluants émergents, tels que les résidus médicamenteux ou les perturbateurs endocriniens puisque ces molécules ne font pas l'objet d'un suivi par l'administration.

Ainsi, les pesticides ont été détectés dans 91% des cours d’eau -départements d’Outre-mer compris-, dans 75% des plans d’eau et 70% des eaux souterraines suivies. Mais les chiffres varient beaucoup d’une région à l’autre. Le nord de la France, le sud-ouest, le couloir rhodanien et la Martinique sont les régions les plus touchées.

Les pesticides les plus rencontrés dans les eaux continentales sont essentiellement des herbicides (comme l’atrazine) en métropole et des insecticides (comme le chlordécone) dans les DOM. Autre constat, les produits de dégradation sont plus présents dans les eaux souterraines et les plans d’eau que dans les rivières. Le glyphosate, un herbicide très répandu, a ainsi été détecté sur 25% des points de mesure des cours d’eau et l’Ampa, son produit de dégradation qui est plus dangereux pour l’environnement que la molécule-mère, sur la moitié des points de mesure.

413 molécules différentes (soit 80% des 516 molécules recherchées) ont été retrouvées au moins une fois dans les cours d’eau, contre 224 dans les eaux souterraines et 88 dans les plans d’eau. Dans les DOM, la diversité des pesticides détectés est beaucoup plus réduite. 18% des molécules ont été détectées dans les cours d’eau, 13% dans les eaux souterraines et 10% dans les plans d’eau.

En ce qui concerne les pesticides, 27% des échantillons prélevés dans les nappes phréatiques n’ont pas respecté, au moins une année, les normes de qualité, contre 11% des cours d’eau et seulement 1% des plans d’eau. Le diuron et l’isoproturon dans les cours d’eau, l’atrazine et surtout ses produits de dégradation, ainsi que la bentazone et le 2,6-dichlorobenzamide, dans les eaux souterraines, sont les molécules présentant le plus de dépassements de norme, en métropole. Dans les DOM, l’HCH bêta (un isomère du lindane) utilisé comme insecticide, dans les cours d’eau et les eaux souterraines, et le chlordécone et l’Ampa, uniquement dans les eaux souterraines, enregistrent le plus de dépassements de norme.

D’autres polluants comme les HAP générés par les activités de combustion sont souvent détectés dans les rivières françaises. Les retardateurs de flammes, tels que le PBDE, ou les PCB finissent, quant à eux, leur course dans les sédiments. Les plans d’eau sont caractérisés par la présence de dioxines et de furanes. Enfin, les eaux souterraines sont plus souvent contaminées par les solvants chlorés issus de produits de dégraissage, de nettoyants de surface et de textile… Très volatils dans les eaux de surface, ils ont tendance à plonger et à s’accumuler au fond des nappes.

Le bilan du CGDD précise que les métaux et les métalloïdes sont également présents dans les cours d’eau et dans les eaux souterraines mais leur origine reste très souvent naturelle.

40% des cours d’eau et 7% des plans d’eau ne respectent pas les normes de qualité en matière de micropolluants autres que les pesticides. Les HAP et les PBDE (un type de retardateur de flammes) sont responsables de la quasi-totalité des dépassements.
 
Dans les eaux souterraines, dont 7% ne respectent pas les normes de qualité, seules 57 substances ont été surveillées de près. Parmi les polluants organiques, ce sont les HAP, notamment le benzo(a)pyrène, et les composés organiques halogénés volatils (COHV) qui sont à l’origine des dépassements.
 
Enfin, le rapport du ministère de l’écologie conclut que la moitié nord du pays est plus concernée par les dépassements de norme que la partie sud. Dans les DOM, la Martinique et la Guyane, ce sont les cours d’eau qui subissent ces dépassements et les eaux souterraines de la Réunion, la Martinique et la Guadeloupe sont les plus affectées.
 
Le plan national d’action contre la pollution des milieux aquatiques par les micropolluants pour la période 2010-2013 a été présenté, le 13 octobre, en conseil des ministres (voir JDLE). Il prévoit de renforcer la veille prospective concernant les contaminations émergentes, afin de hiérarchiser les risques.
 


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