Micro-hydraulique: FNE s’inquiète du projet de relance du ministère

Le 08 décembre 2008 par Sabine Casalonga
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barrage
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Le plan de relance de l’hydroélectricité, annoncé en juillet par le Meeddat, en cours d’arbitrage, ne doit pas se faire au détriment de la qualité des rivières et de la biodiversité, a déclaré l’association France nature environnement (FNE), lors d’un point presse mercredi 3 décembre.

Dans la perspective d’augmenter la part des énergies renouvelables (ENR), une hausse de 10% de la part d’énergie hydraulique d’ici 2020 a été actée par le Grenelle de l’environnement. Le 23 juillet dernier, Jean-Louis Borloo, ministre en charge de l’environnement, a annoncé un plan de relance de la production hydroélectrique (1). Une table ronde avec différentes parties prenantes -représentants des maires, ONG, producteurs hydroélectriques, Onema (2)- a donc été organisée par le Meeddat afin d’élaborer une convention pour le «développement d’une hydroélectricité durable». La dernière réunion du groupe de travail a eu lieu vendredi 28 novembre.

Pour l’association FNE, la convention dans son état actuel «contient des propositions inacceptables». Le développement de l’hydraulique doit prendre en compte les obligations de la directive-cadre européenne sur l’eau qui impose de restaurer la qualité des eaux des rivières d’ici 2015, précise FNE. Or il existerait une contradiction entre cet impératif et le plan de relance hydroélectrique. «Les microcentrales hydrauliques ont des impacts sur l’hydromorphologie des rivières, entraînant une dégradation équivalente à celle causée par les pollutions diffuses», explique Jacques Pulou, membre du directoire Eau de FNE et du bureau de comité de bassin Rhône-Méditerranée. «La menace pour la biodiversité et la qualité des eaux des rivières est réelle», ajoute Bernard Rousseau, responsable des politiques Eau de FNE.

«L’augmentation de la production microhydraulique avait été fixée à 0,2 million de tonnes équivalent pétrole (Tep), équivalent à une hausse de 2 à 3 térawattheures (TWh) par an d’ici 2020 dans l’avant-projet de loi Grenelle I» indique Bernard Rousseau. Cela correspondrait à la construction d’environ 400 nouvelles micro-centrales hydroélectriques, le parc actuel en regroupant 1.700. En outre, FNE souligne qu’avec un seuil de puissance maximale fixé à 12 mégawatts, la convention autoriserait la construction de centrales de taille non négligeable.Or «95% des sites potentiels sont déjà équipés, faut-il aller jusqu’à 100%?», s’interroge Jacques Pulou. Les prochains ouvrages risqueraient donc d’être installés sur des petites rivières, zones de refuge pour les espèces, voire en zone Natura 2000.

Alors que l’objectif de 2 à 3 TWh ne figure plus dans la loi Grenelle I adoptée par les députés en première lecture, le projet de convention s’orienterait vers un objectif encore plus ambitieux de 7 TWh, qui «semble impliquer le renforcement de grands ouvrages hydrauliques», indique Bernard Rousseau. «La convention actuelle propose plusieurs mesures incitatives en faveur du secteur hydroélectrique, mais peu d’actions tangibles en faveur de l’environnement», confirme Jacques Pulou.

Quant à l’argument visant à justifier la relance de l’hydraulique par la lutte contre les gaz à effet de serre, «il ne serait pas pertinent», si l’on compare les émissions de CO2 des secteurs du transport et du chauffage avec ce que permettrait d’éviter ces micro-centrales (qui ne représenteraient que 1,5% de la production d’électricité nationale), estime FNE. En outre, «le profit généré par les centrales pourrait être annulé par des coûts cachés tels que celui de la construction de stations d’épuration devenues nécessaires par la perte de capacité d’auto-épuration des rivières lors de l’installation de barrages», indique Guillaume Corto de l’association SOS Loire Vivante.

Dans le cadre du plan de relance de l’hydroélectricité, FNE recommande de moderniser les grandes installations existantes (mesures en faveur de l’efficacité énergétique et de l’environnement), de préserver les sites vierges et de prendre en compte les objectifs de bon état des eaux. «Des propositions intéressantes sont toutefois incluses dans la convention, comme le démantèlement de trois grands barrages sur des affluents de la Loire dont l’impact néfaste sur la restauration des populations de saumons est avéré», souligne Guillaume Corto. La publication de la version officielle de la convention par le ministère est prévue en janvier 2009.

(1) Voir l’article du JDLE «Borloo lance un plan sur la production hydroélectrique»
(2) Office national de l’eau et des milieux aquatiques



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