Micro-capteurs: pas si mal, mais peut mieux faire

Le 14 novembre 2018 par Marine Jobert
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Mesurer l'air, un enjeu sanitaire majeur.
Mesurer l'air, un enjeu sanitaire majeur.
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Graal de la surveillance de l’air, les micro-capteurs présentent une fiabilité métrologique qui laisse encore à désirer. Certains se distinguent toutefois du lot, comme l’ont constaté le LCSQA et Airparif.

Confrontées au développement quelque peu anarchique des micro-capteurs d’air, les structures en charge de la surveillance de la qualité de l’air ont empoigné la question sous l’angle métrologique. Avec un temps de retard par rapport aux développements commerciaux de ces appareils –que certaines associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) ont même adoptés, comme Atmo Auvergne-Rhône-Alpes–, le Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA) et Airparif viennent de publier les résultats de deux évaluations sur le terrain de micro-capteurs.
Une première
Pour la première fois, ces travaux, menés par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) et l’Institut Mines Télécom Lille Douai (IMT Lille Douai), ont permis d’évaluer l’aptitude de 44 dispositifs à suivre les principaux polluants d’intérêt pour l’air ambiant: le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3) et les particules (PM2,5 et PM10). Des systèmes mis à disposition par des fabricants, des distributeurs ou des utilisateurs volontaires, et dont la simplicité de mise en œuvre, l’autonomie, la portabilité, la fiabilité de communication, la convivialité des applications de récupération des données ont également été testées.
Testés en fixe
Le verdict peut se résumer ainsi: si aucun des systèmes évalués ne respecte les objectifs de qualité de données décrits par les directives européennes pour les mesures en site fixe en NO2, O3 et PM, «certains peuvent prétendre satisfaire aux critères des méthodes indicatives, notamment pour les PM2,5». Des travaux réalisés en site fixe, quand quantité d’applications, plus ou moins fiables, fonctionnent déjà en mobile. Outre l’absence de test ‘en mobilité’, le LCSQA souligne que le potentiel effet des saisons, notamment dans la constitution de la matrice d’air (concentrations plus élevées en O3 et moins élevées en NO2 et PM) a nécessité des travaux supplémentaires, dont les résultats seront disponibles début 2019.

Fixes et en air intérieur
Airparif a de son côté testé 29 capteurs, avec 41 paramètres pour 12 polluants. Chaque capteur concourait pour un ou plusieurs usages (mesure en air extérieur ou en air intérieur, capteur fixe ou en mobilité, sensibilisation du public, etc.) et a été évalué suivant 5 grands familles de critères: l’exactitude, l’ergonomie, la pertinence des polluants mesurés, le coût et la portabilité, pondérés selon l’usage. Ce sont les capteurs fixes et en air intérieur, tant pour des utilisations de sensibilisation à la qualité de l’air que pour piloter et gérer la qualité de l’air à l’intérieur d’un bâtiment, qui ont fait montre de la maturité la plus importante. «Les solutions destinées à mesurer à des fins de surveillance réglementaire, d’évaluation de l’exposition personnelle, ou en mobilité, restent à améliorer, notamment sur la qualité des mesures et le nombre de polluants suivis», a constaté Airparif. Enseignement intéressant, puisque c’est l’un des arguments récurrents de ces mini-capteurs: leur coût n’est pas toujours 'low cost', puisqu’ils coûtent entre 100 € et plus de 16.000€. Une édition sera organisée l’an prochain, pour tester les nouveaux capteurs déjà annoncés.



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