Michelin et la gestion des risques

Le 30 août 2005 par Christine Sévillano
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usine michelin
usine michelin

Michelin est attentif aux risques industriels générés par ses activités. Plus que la production de pneumatiques, qui présente surtout des risques d'incendie, ce sont ses sites de fabrication de matières premières qui engendrent des problématiques de réduction de risques.

Le leader mondial du pneumatique, Michelin, travaille en continu sur la gestion des risques industriels. «Notre coeur de métier, la production du pneu, activité encore largement manufacturée, présente peu de risques exceptés les incendies», explique Jacques Torraille, chargé de mission sur le développement durable pour le groupe qui comprend aujourd'hui un site Seveso seuil haut et 6 sites Seveso seuil bas, dédiés surtout à la fabrication des matières premières. Michelin a dû faire face à 10 départs de feu en 2003 et à 6 en 2004, qui ont pu avoir comme origine la chaleur du process ou une armoire électrique, mais ils n'ont pas atteint les pneus qui sont inflammables et à haut pouvoir calorifique. La difficulté pour arrêter un feu de pneus réside dans leur forme, car l'eau ruisselle davantage à l'extérieur qu'à l'intérieur.

Dans les sites de production de mélanges de gommes, mais aussi de fabrication de pneus, Michelin devrait généraliser son système de protection par sprinklage, qui se matérialise sous forme de jets d'eau se mettant à fonctionner après détection de températures élevées ou en présence de fumée. «Auparavant, il y avait suffisamment de personnes pour donner l'alerte en cas de problème, mais avec l'évolution industrielle et la plus grande automatisation du process de fabrication, nous avons adapté le sprinklage à notre spécificité», avoue Jacques Torraille. Pour le contrôle des risques industriels majeurs qui portent davantage sur la fabrication de matières premières que sur la production de pneumatiques, l'entreprise s'est forgé son propre standard, le High protected risk Michelin (HPRM), qui complète l'approche protection par des moyens de prévention et d'intervention: le groupe regarde site par site les risques possibles, les conséquences des incidents passés, les solutions pour les limiter et les moyens d'intervention en cas d'incident.

Les sites de production de caoutchouc de synthèse, qui a des propriétés inflammables en raison de la présence d'hydrocarbures, sont souvent l'objet d'une réévaluation de la qualité des mesures de prévention et de protection. Une dizaine d'experts s'occupe de réaliser des audits et d'effectuer des répétitions de Plan particulier d'intervention (PPI). Michelin produit environ 800 à 900.000 tonnes de caoutchouc de synthèse et autant de caoutchouc naturel, issu de l'hévéa. Les sites de production de roues, au nombre de 2 seulement en raison de l'abandon progressif de cette activité, émettent des composés organiques volatils (Cov) présents dans les solvants utilisés pour les peintures et le nettoyage des équipements. «Pour réduire ces nuisances, nous avons mis en place une démarche globale de traitement des émissions. Nous avons également lancé une recherche de nouveaux produits moins impactants tout en maintenant leur qualité», poursuit le responsable du développement durable.

La production de renforts textiles, utilisés dans la structure du pneu et mélangés à la gomme, implique des risques de libération de vapeurs et de gaz dus aux colles et au traitement des nappes encollées dans des fours thermiques. Michelin l'a pallié en installant des filtres à gaz en sortie des fours. «Il faut être attentif en permanence car les risques évoluent selon les changements des processus, qui sont eux-mêmes influencés par les modifications apportées aux pneus», conclut Jacques Torraille.




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