Mi-Terms: des résultats inquiétants pour l’environnement

Le 05 novembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Vers une fin de mandat difficile
Vers une fin de mandat difficile
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L’administration Obama va devoir composer avec la majorité républicaine au Congrès sur bien des questions environnementales.

 

C’était annoncé, c’est arrivé. Le parti démocrate a subi une large défaite lors des élections de mi-mandat du 4 novembre. Au plan national, les élus républicains deviennent majoritaires dans les deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat. Le contrôle du législatif va permettre aux représentants du Grand Old Party (GOP, le surnom du parti républicain) de pousser leurs pions sur des sujets qui leur tiennent à cœur.

 

Keystone XL, le retour

 

L’un des plus emblématiques est, bien sûr, le projet d’oléoduc géant qui doit relier le Canada aux raffineries texanes. Soutenu par les militants du GOP, de nombreux démocrates et le gouvernement canadien, le Keystone XL a été bloqué ces 6 dernières années par l’administration Obama.

 

La Maison blanche, qui souhaite renforcer sa politique climatique, voit d’un mauvais œil la construction d’un pipeline capable de transporter 800.000 barils de brut par jour. Une infrastructure, très contestée, dont le coût vient d’être réévalué par TransCanada: 8 milliards de dollars (6,4 Md€), contre 5,4 milliards (4,3 Md€), il y a encore quelques mois.

 

CO2 et exportations

 

Les cornacs de l’éléphant[1] entendent aussi guerroyer contre les nouvelles normes d’émission de CO2 que l’agence fédérale de l’environnement (EPA) veut appliquer aux centrales électriques à flamme. Et mettre ainsi fin à la «guerre contre le charbon» menée par Barack Obama depuis son bureau. Ils souhaitent aussi libéraliser les exportations de pétrole et du gaz naturel américains, pratiquement interdites depuis les années 1970. Voilà pour les premières échauffourées annoncées.

Car, à l’évidence, la première grande bataille entre les congressmen et la Maison blanche tournera autour du prochain budget. Traditionnellement, les républicains consacrent une grande partie de leur énergie à sabrer les budgets fédéraux et tout ce qui ressemble de près ou de loin à des subventions. Ces dernières années, l’EPA a ainsi vu fondre son budget. Sous la pression de leur frange climato-sceptique, les républicains ont aussi tenté de gommer la ligne budgétaire de la contribution américaine (13 M$/an -10,4 M€) au financement du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) et du secrétaire de la convention de l‘ONU sur les changements climatiques.

 

Chasse à la subvention

 

Une fois de plus, les discussions de marchands de tapis s’annoncent âpres. Mais le président Obama conserve quelques cartes maîtresses. A commencer par son droit de veto et ses ordres exécutifs. Aucune loi ne peut être adoptée sans son accord, fut-il tacite. Et le locataire de la Maison blanche peut légiférer sur à peu près tous les sujets, et pas toujours de façon transparente. De plus, ce sont les états détenus par les républicains, notamment dans le Midwest, qui abritent le plus de fermes éoliennes. Il est donc peu probable que les adorateurs du pachyderme abrogent de sitôt les aides fiscales aux énergies renouvelables.

 

Où stocker les déchets nucléaires?

 

Autre grand sujet sur lequel un consensus pourrait être trouvé: le nucléaire. L’administration démocrate et la majorité républicaine sont déterminées à trouver une solution pérenne aux déchets produits par les centrales nucléaires. Faute d’exutoire, les combustibles usés sont actuellement stockés sur site dans des conteneurs de transport, qui n’ont pas du tout été conçus pour cet usage.

La marée rouge[2] est sans doute une mauvaise nouvelle pour ceux qui espèrent voir signé, à Paris l’an prochain, un accord universel sur la lutte contre le changement climatique. Jamais un congrès américain, à majorité républicaine a fortiori, ne ratifiera un traité sur le climat, synonyme de moindre utilisation d’hydrocarbures. Or, rappelle l’association Open Secret, spécialisée dans l’étude du financement de la politique américaine, 78% des dons déclarés cette année par les compagnies pétrogazières ont été effectués à des candidats républicains.

Les élections de mi-mandat sont aussi l’occasion pour les collectivités américaines d’organiser des référendums sur des sujets aussi divers que la légalisation de la consommation de la marijuana, l’étiquetage des produits alimentaires contenant des OGM ou la fracturation hydraulique. A cet égard, la ville texane de Denton (123.000 habitants et près de 300 puits de pétrole ou de gaz) vient d’interdire le recours au fracking pour exploiter les hydrocarbures sur son territoire. Une mesure que les parlementaires texans ont promis… d’abolir.



[1] L’éléphant est la mascotte du parti républicain; l’âne est celle des démocrates.

[2] La couleur des républicains

 



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