Mettre un peu d’énergie verte dans l’agriculture

Le 23 février 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Des ombrières photovoltaïques pour protéger les cultures du soleil et produire de l'électricité.
Des ombrières photovoltaïques pour protéger les cultures du soleil et produire de l'électricité.
INRA

Les professionnels des énergies renouvelables vont vanter les mérites du photovoltaïque, du biogaz et de l’éolien au Salon de l’agriculture. But de l’opération: montrer aux paysans que les énergies peuvent leur apporter un important complément de revenu.

Et si les agriculteurs produisaient de l’énergie? L’idée n’est pas nouvelle. Si l’on excepte l’usage du bois-énergie, voilà plus de deux décennies que les cultivateurs d’oléagineux, de betterave ou de colza participent, via les agrocarburants, à la réduction du montant de la facture pétrolière. Nous n’en sommes plus là. Avec les objectifs d’énergie renouvelable que la France s’est fixés (23% de la consommation d’énergie finale issue des énergies vertes d’ici 2020), il y a urgence à installer du solaire, de l’éolien, des chaudières à bois, etc.

Ne pas consommer de terres agricoles

Sachant qu’il faut deux hectares pour installer 1 mégawatts crête (MWc) de panneaux photovoltaïques, les propriétés agricoles suscitent bien des convoitises. «Fort heureusement, souligne Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), les appels d’offres excluent les installations qui consommeraient de la terre agricole.» Dommage pour les paysans qui voient là s’échapper une source complémentaire de revenu. Mais ce n’est pas tout à fait le cas.

15.000 euros par an

D’ailleurs, les experts du SER vont sillonner les allées du Salon de l’agriculture pour vanter les bénéfices environnementaux et économiques des énergies nouvelles. «L’idée, explique Jean-Louis Bal, c’est de montrer non pas qu’il est facile de monter un projet, mais que c’est à la portée des agriculteurs et que cela peut apporter un sérieux complément de rémunération.» Dans une étude publiée jeudi 22 février, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) souligne que les énergies renouvelables peuvent, dans certains cas, générer jusqu’à 15.000 euros annuels de revenus complémentaires. Soit le montant exact du salaire annuel moyen des agriculteurs, selon la Mutualité sociale agricole.

éolien, photovoltaïque, méthanisation

Trois filières seront particulièrement mises à l’honneur: l’éolien, le photovoltaïque et la méthanisation. Dans le premier cas, les industriels rappelleront qu’en plus de la location de terres, les paysans peuvent participer au financement des turbines, via le financement participatif, comme à Loué. «Une sorte de double dividende», complète l’ancien patron du renouvelable à l’Ademe.

des panneaux solaires dans les champs

Pour le solaire, ce sont les grandes surfaces de toitures des bâtiments agricoles qui intéressent les promoteurs de centrales solaires. A cela, on peut ajouter les promesses du système Sun’R. Développé par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et plusieurs entreprises, ce dispositif permet d’installer des panneaux solaires mobiles dans les champs de cultures ayant besoin d’être protégées du soleil. Ce que l’on appelle déjà l’agrivoltaïsme.

100 M€ pour la méthanisation

La méthanisation n’a pas toujours bonne presse dans le milieu agricole. Mais les matières premières pouvant passer en bioréacteurs ne manquent pas dans une ferme ou une coopérative, contrairement aux soutiens bancaires. Raison pour laquelle Emmanuel Macron doit annoncer, samedi 24 février, la création d’un fonds de soutien de 100 M€ dédié à la méthanisation. Lundi, le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu pourrait également présenter un programme de soutien à la méthanisation agricole, fruit des premières réunions du groupe de travail qu’il anime.



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