Métropoles: la neutralité carbone en 2050 ne suffit pas

Le 06 juillet 2018 par Stéphanie Senet
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Les métropoles françaises doivent doubler voire tripler leurs réductions d'émissions d'ici à 2030
Les métropoles françaises doivent doubler voire tripler leurs réductions d'émissions d'ici à 2030
VLDT

Les 10 plus grandes métropoles françaises doivent doubler, voire tripler leurs réductions d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 si elles veulent respecter l’Accord de Paris, selon un rapport publié ce 6 juillet par WWF.

Totalisant 67% des émissions de GES françaises, les métropoles représentent un excellent indicateur de l’évolution climatique hexagonale. Co-construite avec EcoAct, cette étude se focalise sur les 10 plus grandes[1], qui représentent quand même 16% des émissions nationales pour 20% de la population.

Cette synthèse illustre parfaitement l’absence de profil-type métropolitain, chaque agglomération ayant ses propres spécificités. Pour autant, le WWF a réalisé une moyenne révélant que les 10 métropoles émettent 33% des émissions hexagonales issues du bâtiment, 17% de l’industrie, 16% des transports et 0,7% de l’agriculture.

Compte à rebours / Si les métropoles ne rectifient pas leur trajectoire, elles auront consommé l’intégralité de leur budget carbone lié au 2°C de l’Accord de Paris dans 13 ans.

 

Une trajectoire trop lente

Si elles se sont montrées ambitieuses dans leurs engagements, leurs résultats ne s’avèrent pas à la hauteur. Ainsi le Grand Paris, qui vise la neutralité carbone en 2050, a défini une trajectoire qui s’avère 7 fois trop élevée par rapport à l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris et même deux fois plus importante que l’objectif 2°C.

 

Deux à trois fois plus d’exigences

En 2030, la capitale ne devra pas se contenter de réduire de 38% ses émissions par rapport à 2015, mais de 72% si elle veut limiter le réchauffement à 2°C, et de 90% à 1,5°C. Elle n’est pas un cas à part. Les 9 autres métropoles françaises devront aussi se plier au même niveau d’exigence et doubler, voire tripler, leurs objectifs de réduction. Pour y parvenir, elles n’ont pas d’autres solutions que de réduire en priorité l’impact des transports -en particulier routier et aérien- sur leur territoire, en favorisant le recours au vélo et en déployant les zones à basse émission. Elles doivent aussi amplifier la rénovation du bâti, consommer obligatoirement 100% d’énergies renouvelables en 2050, faire évoluer leurs pratiques agricoles et alimentaires et développer l’économie circulaire.

«Si les intercommunalités ont été nommées coordinatrices de la transition énergétique, elles doivent maintenant recevoir les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre dans les délais impartis», a commenté Pascal Canfin, directeur général du WWF, qui rappelle la nécessité d’adopter une dotation Climat au profit des collectivités dans la prochaine loi de finances.



[1] Grand Paris, Lille, Strasbourg, Lyon, Nice Côte d’Azur, Aix Marseille Provence, Rouen, Nantes, Bordeaux et Toulouse

 



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