Méthane d’origine agricole: le point sur l’international

Le 04 septembre 2007 par Agnès Ginestet
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Dans le cadre d’une série d’articles sur les gaz à effet de serre autres que le CO2, le JDLE revient sur le deuxième contributeur à l’effet de serre intégré dans le protocole de Kyoto, le méthane. Même si les émissions restent peu nombreuses, des démarches et mesures sont mises en place pour les réduire.

Le méthane a un pouvoir de réchauffement 22 fois supérieur au CO2, et il participe à environ 16% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. L'agriculture constitue l'une des principales sources, avec 50% des quantités émises. Selon des estimations de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) datant de 2003, si les émissions agricoles de méthane augmentaient proportionnellement au nombre d'animaux d'élevage, elles pourraient connaître une hausse de 60% d'ici 2030. Mais d'après un rapport du troisième groupe de travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) (1), des modifications dans les pratiques d'alimentation et de gestion des déjections animales sont susceptibles de freiner cette augmentation.

La culture du riz, fortement développée en Asie, contribue à 10,3% des émissions de méthane d'origine agricole, et la digestion entérique (rots et flatulences) et les déjections agricoles à respectivement 28,7% et 3,9% (2). Outre la méthanisation qui permet d'utiliser ce gaz pour produire de l'énergie, des mesures politiques et des solutions techniques sont envisagées pour réduire les émissions à la source.

C'est le cas en Nouvelle-Zélande, où le méthane issu des élevages d'ovins et de bovins contribue à 50% des émissions de gaz à effet de serre du pays. Le gouvernement a souhaité en 2003 introduire une taxe sur les flatulences et les rots afin de financer les recherches sur la réduction du méthane. Mais cette «fart tax» ayant été rejetée en bloc par la profession agricole, l'idée a été abandonnée (3). Helen Clark, Premier ministre de l'archipel, a toutefois affirmé en juin sa détermination à ce que son pays devienne le leader international de la lutte contre les émissions de gaz pastoraux (4). En Australie, une étude a par ailleurs été menée sur la mise au point d'un vaccin anti-méthanogène (5), et au Royaume-Uni, un programme de recherche gouvernemental a été lancé pour proposer des modifications du régime alimentaire des vaches, par exemple de l'herbe plus riche en sucre qui facilite la digestion.

Un autre moyen pour diminuer les émissions de méthane est la réduction du cheptel. Dans l'Union européenne, les réformes de la politique agricole commune (Pac) ont ainsi entraîné une diminution de 10% entre 1990 et 2003, et les émissions de méthane ont également baissé de 10% (6). L'accord de Luxembourg de 2003 lié à la réforme de la Pac pourrait quant à lui entraîner une réduction de 6% des émissions entériques de méthane d'ici 2015 (7), mais il existe des obstacles, comme le manque d'incitations auprès des agriculteurs et les coûts importants liés au contrôle et à la gestion des réductions d'émissions.

Sur le terrain, une initiative internationale vise à réduire les émissions de méthane à travers des projets entre pays dits industrialisés et pays en développement. Methane to markets a été lancée par les Etats-Unis en 2004, et certains des projets concernent la gestion des déchets d'animaux.



(1) IPCC Fourth Assessment Report, Working Group III, Chapter 8 Agriculture
(2) Chiffres de l'initiative Methane to markets
Voir l'article du JDLE: «Une meilleure digestion pour moins de méthane»

(4) Partenariat en Océanie contre les gaz à effet de serre
(5) «Reducing methane emissions in sheep by immunization against rumen methanogens», Wright A.D.G, Vaccine, volume 22, 2004
(6) «Contribution of the EU agricultural policy to climate change mitigation», Hilkka Summa, European Commission, DG Agriculture and Rural development
(7) «Mitigating farm livestock greenhouse gas emissions in the EU», Franck O'Mara, university college Dublin







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