Metaleurop: une réhabilitation au long cours

Le 18 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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Site Industriel
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La destruction d’une des cheminées du site Metaleurop de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) le 9 novembre dernier marque le début des travaux de réhabilitation du site industriel de Metaleurop Nord. Le chantier mené par Sita-Agora va durer deux ans.

Sur un site industriel de 35 hectares, la filiale de Suez devra nettoyer un siècle de fonderie de plomb et de zinc produisant des déchets industriels dangereux (DID). Tout au long de l'histoire de l'entreprise, les normes environnementales ont été peu respectées et le conflit social qui a marqué la fin de Métaleurop a aggravé encore l'état du site par des déversements volontaires de substances toxiques: «Notre premier inventaire a révélé des déchets industriels dangereux stockés en vrac, des voisinages hasardeux de produits, des bidons sans étiquette, des fours arrêtés brutalement dans lesquels le plomb s'est solidifié, raconte François Grux, directeur de Agora, la filiale créée par Sita pour gérer ce seul site. Il y a notamment deux laboratoires où il va falloir analyser le contenu de chaque flacon.» Le volume de déchets le plus important est composé de cakes cadmifères, sous-produits de fabrication du cadmium hautement toxiques, mais on trouve aussi des charbons actifs souillés ou des ferrites.

Le projet d'Agora consiste à détruire 80 des 89 cheminées, installations diverses, bâtiments présents sur le site. Puis les sols seront dépollués pour installer une plate-forme de compostage de déchets verts, une unité de recyclage de déchets électroniques et électriques (DEEE), un site de traitement de véhicules hors d'usage (VHU), une plate-forme de traitement de sols et gravats pollués, une unité de traitement d'effluents liquides et résidus de curage. Dans un premier temps, Agora a quantifié et analysé les volumes à traiter: «Nous avons utilisé la technologie du GPS pour cartographier les zones de sols pollués principalement par des hydrocarbures», poursuit François Grux.

On sait aujourd'hui que 19.000 tonnes de DID vont devoir être traitées, dont 8.000 tonnes inertées par la filiale spécialisée de Suez Inertec. Il va également falloir gérer 83.000 mètres carrés de plaques en amiante-ciment. Chaque brique issue de la déconstruction des bâtiments est également considérée a priori comme DID dans la mesure où les murs ont été imprégnés de métaux lourds.

La Direction régionale de la recherche et de l'industrie (Drire) a imposé au repreneur de ne sortir aucun déchet de l'enceinte de l'usine. Aussi, Agora a creusé une alvéole répondant aux normes des centres de stockage de classe 1. Sa capacité est de 130.000 mètres cubes et devrait a priori suffire pour accueillir les déchets de déconstruction, les déchets industriels inertés, les DID solides et les sols pollués. Le tonnage final de matières à traiter et enfouir est encore inconnu. Au plus fort de l'activité, une centaine de personnes devrait travailler sur la dépollution de Métaleurop. Sept entreprises sous-traitantes internes ou externes à Sita interviendront.

Le chantier devrait coûter entre 24 et 28 millions d'euros. Glencore, l'actionnaire suisse de Métaleurop nord qui avait mis volontairement l'unité en cessation d'activité, a en effet réussi à échapper à ses obligations de dépollution. 22 millions d'euros ont pour l'instant été abondés: 7,5 millions d'euros dans le cadre du contrat de plan Europe-Etat-région Nord Pas-de-Calais, 5,7 millions via les aides à l'emploi pour la reconversion des anciens salariés de l'entreprise, le reste provenant de la vente des actifs de la société.


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