Metaleurop: les victimes bientôt indemnisées

Le 13 février 2006 par Christine Sévillano
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metaleurop
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Une décision de la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction vient d'ouvrir la porte à l'indemnisation des victimes de la pollution du site Metaleurop. Celles-ci vont aussi relancer les procédures pénales à l'encontre des responsables.

Les victimes de la pollution du site Metaleurop à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) n'ont pas fini de faire parler d'elles. Le 9 février, la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction (Civi) du tribunal de Béthune a reconnu que le saturnisme de 3 enfants d'une même famille vivant à Evin-Malmaison, près de l'ancienne fonderie, a pour origine une infraction pénale. Cette décision est le prélude à des indemnisations pour cette famille mais aussi pour l'ensemble des victimes, puisque 30% des enfants d'Evin-Malmaison sont atteints de saturnisme, un taux qui passe de 10 à 20% dans les autres villes aux alentours du site. «Il ne faut pas oublier que les effets du plomb dans le corps humain durent 30 ans. En outre, d'autres pathologies ont pu se déclarer car le site n'est pas seulement à l'origine de contaminations au plomb; des substances comme le cadmium sont en cause», souligne Jean-Paul Teissonnière, avocat de la famille. Les indemnités seront alors versées par le Fonds de garantie d'indemnisation des victimes d'infraction pénale, qui est destiné surtout aux victimes de coups et blessures et d'actes terroristes, mais il s'adresse aussi aux victimes de pollutions délictuelles.

Les victimes ne devraient pas s'arrêter à de simples indemnisations: elles veulent relancer les procédures pénales. «Il est aberrant qu'il n'y ait pas aujourd'hui de poursuite contre les responsables sur le plan sanitaire. La raison: il semble que les parquets ne soient pas suffisamment sensibilisés aux affaires de santé publique et de pollution», explique maître Teissonnière. Le comité de défense évinois devrait porter plainte contre les dirigeants de l'ancien site métallurgique, mais aussi contre les responsables de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) du Nord-Pas-de-Calais en raison de leur inaction malgré la connaissance qu'ils avaient de la situation de Metaleurop. «Ces fonctionnaires devront répondre personnellement sur le plan pénal», précise l'avocat. Jean-Paul Tessonnière a déposé des recours assez semblables au Civi au sujet de l'épisode de légionellose qui a eu lieu en 2003 près de Douai, et ce afin de relancer l'instruction en cours.




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