Mercure: un cinquième est d’origine alimentaire

Le 09 octobre 2013 par Romain Loury
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Les poissons, principaux vecteurs du mercure
Les poissons, principaux vecteurs du mercure

Moins de 20% du mercure présent dans notre sang proviendrait de notre alimentation, dont moins de la moitié du poisson, selon une étude britannique publiée dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP).

Le méthylmercure, forme organique du mercure, est clairement lié à des problèmes sanitaires, en particulier chez l’enfant exposé in utero: troubles du développement cérébral, de l’immunité ou cardiaques. Raison pour laquelle il est conseillé aux femmes enceintes d’être vigilantes quant aux poissons prédateurs, les plus chargés en mercure (voir le JDLE).

Le débat est pourtant loin d’être clos. Certaines études suggérant que les bienfaits du poisson, notamment neurologiques en raison de leur richesse en oméga-3, surpassent la toxicité du mercure (voir le JDLE). D’autant que l’alimentation, et le poisson en particulier, ne seraient qu’une source de mercure parmi d’autres, révèle l’étude menée par l’équipe de Jean Golding, du Centre for Child and Adolescent Health de Bristol.

Menée sur 4.484 femmes enceintes de la cohorte ALSPAC (Avon Longitudinal Study of Parents and Children), l’analyse montre que l’alimentation est responsable de 19,82% des variations individuelles en mercure, celui mesuré dans le sang de cordon. Quant au poisson (fruits de mer inclus), il en représente 8,75%, soit 44,1% de l’alimentation. Une place jugée modeste par les chercheurs, mais qui confirme son premier rang parmi les contributeurs alimentaires au mercure, devant les tisanes et l’alcool -notamment le vin.

Plus surprenant, les femmes les plus imprégnées en mercure ne sont pas, comme on le voit souvent dans ce type d’études épidémiologiques, issues de classes défavorisées. Bien au contraire: elles exercent plus souvent des professions à responsabilité, ont fait des études plus poussées, sont plus fréquemment propriétaires de leur logement.

Un contaminant omniprésent

Si l’alimentation n’explique qu’environ 20% des variations individuelles en mercure, reste à trouver d’où viennent les 80% restants. Selon l’équipe britannique, ils pourraient provenir «de l’eau, de l’air, et de produits non alimentaires tels que les amalgames dentaires, les produits de beauté, les cigarettes, l’alcool, les drogues illicites et les médicaments».

Malgré ces résultats plutôt rassurants, le mercure contenu dans les poissons pourrait devenir un problème croissant dans l’avenir, et ce en raison du réchauffement attendu des océans. Selon une étude publiée début octobre dans la revue PLoS ONE, les poissons accumulent plus de méthylmercure lorsque la température s’élève: 30 nanogrammes/gramme (ng/g) de chair à 22°C, contre 5 ng/g à 18°C.



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