Mercure: pas de traité d'interdiction

Le 03 mars 2005 par Claire Avignon
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Pnue
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Tandis qu'une étude américaine montre l'impact économique de la pollution au mercure, les gouvernements réunis par les Nations unies à Nairobi (Kenya) n'ont pas réussi à trouver un accord pour la mise en place d'un traité interdisant son exportation. Portée par des pays de l'Union européenne, l'idée a été rejetée par les Etats-Unis.

La proposition des Etats-Unis de développer des partenariats entre les gouvernements, les organisations internationales et le secteur privé a finalement été retenue pour combattre les émissions de mercure. Ce métal lourd est reconnu comme une substance toxique qui peut gravement affecter le système nerveux des êtres humains. Il est utilisé dans l'industrie électronique, chimique (production de chlore), et pour fabriquer les plombages dentaires. Le mercure est également émis par les centrales de charbon. Le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) a en outre été chargé par les gouvernements (1) de « mener une étude sur la quantité de mercure commercialisé et disponible dans le monde », et de « renforcer la communication sur les risques du métal envers les groupes les plus vulnérables », selon un communiqué de presse du Pnue. Ces actions s'avèrent beaucoup moins ambitieuses que celles proposées par la Commission européenne, qui a annoncé le 31 janvier l'interdiction des exportations de mercure dans l'Union européenne d'ici 2011. Le gouvernement américain, représenté par l'US Department of State, estime qu'une négociation internationale de cette nature serait moins efficace que la stratégie qu'il a proposée.

Une nouvelle étude scientifique (2) pourrait toutefois convaincre les Etats-Unis de diminuer les émissions de mercure sur leur sol, qui proviennent à 70% d'activités humaines (3). Les chercheurs du Centre Mount Sinaï pour la santé et l'environnement des enfants (4), situé à New York, évaluent à environ 8,7 milliards de dollars (6,6 milliards d'euros) la perte économique due aux émissions du neurotoxique aux Etats-Unis,. Ce coût est dû à la baisse de quotient intellectuel (QI) des enfants exposés au mercure, soit in utero, soit en ingérant des poissons contaminés. Entre 316.000 et 637.000 enfants auraient un taux de mercure dans le sang supérieur à 5,8 microgrammes par litre (µg/l), niveau minimal associé à une baisse du QI.



(1) réunis au Kenya pour le Conseil administratif du Pnue et pour le Forum ministériel mondial de l'environnement

(2) "Public health and economic consequences of methylmercury toxicity to the developping brain" publié dans la revue du National Institute of Environmental Health Sciences.

(3) les 30% restant sont des émissions naturelles liées notamment à l'activité volcanique de la planète.

(4) Mount Sinai Center for Children's Health and the Environment





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