Mercure: les émissions mondiales en baisse

Le 05 janvier 2016 par Romain Loury
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Le charbon chinois, source massive de mercure
Le charbon chinois, source massive de mercure
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Les émissions de mercure sont bien en baisse au niveau mondial, corrélant ainsi la diminution de sa présence dans l’atmosphère, révèle une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas). En particulier en Europe et en Amérique du Nord, ce qui compense la hausse asiatique.

Toxique pour la faune et pour l’homme, en particulier sous sa forme organique de méthylmercure, le mercure connaît une baisse continue depuis 1990, avec une chute estimée entre 30% et 40% dans l’atmosphère de l’hémisphère Nord. Le résultat d’un meilleur contrôle des émissions, aussi bien dans les produits de consommation que dans les centrales à charbon. Dans ces dernières, il s’agit d’un co-bénéfice des technologies de réduction du dioxyde de soufre (SO2) et des oxydes d’azote (NOx).

Dans son étude, l’équipe d’Elsie Sunderland, de l’université de Harvard à Cambridge (Massachusetts), confirme cette baisse à la surface (de -1,2% à -2,1% par an) dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord. En plein boom énergétique -et charbonnier- depuis 20 ans, la Chine, quant à elle, a vu son taux augmenter de 2% par an. Cette baisse globale est également remarquée à plus haute altitude, au-dessus de 2.000 mètres, mais elle est de moindre ampleur (-0,9% par an).

Or ces résultats contredisent les estimations d’émissions, au moins stagnantes, au mieux en hausse selon divers travaux, qui évoquent un effet d’entraînement par la Chine et l’Inde. Les chercheurs américains ont revu ces inventaires d’émissions et montré qu’il n’y a en fait aucun hiatus entre présence atmosphérique et émissions: celles-ci sont bel et bien à la baisse, malgré de fortes variations régionales.

-21% d’émissions entre 1990 et 2010

Reprenant des données récentes sur les rejets de mercure via les produits de consommation, ainsi que sur la modernisation des centrales à charbon, les chercheurs révèlent que les émissions de mercure total ont baissé d’environ 21% entre 1990 et 2010, passant de 2.890 tonnes par an à 2.280 t/an. L’effet est surtout marqué pour sa forme non oxydée Hg0 (-30%), tandis que sa forme oxydée HgII, moins abondante, a augmenté de 9%.

L’Asie, surtout la Chine et l’Inde, est la seule région au monde où les émissions de mercure ont augmenté entre 1990 et 2010, de 47%. Résultat: en 2010, le continent était à l’origine de 68,4% des émissions dans l’environnement, contre 36,7% en 1990.

En Chine, la hausse s’élève à 5,8% par an, bien moins que la combustion de charbon (+11%/an): selon les chercheurs, ce moindre rythme s’explique par le fait que 86% de ses centrales à charbon effectuent désormais une désulfuration, contre aucune en 2000.

Partout ailleurs, les émissions de mercure ont fortement baissé, notamment en Europe de l’Ouest (-86% entre 1990 et 2010) et en Amérique du Nord (-73,5%). Dans les deux contrées, cette tendance est liée à de moindres rejets via les produits de consommation (-91,5% en Europe de l’ouest, -68,3% en Amérique du Nord) mais aussi par traitement dans les usines à charbon (-78% dans les deux régions).



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