Mercure dentaire: un risque aussi pour l’environnement?

Le 17 mars 2014 par Romain Loury
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Un amalgame contient un gramme de mercure.
Un amalgame contient un gramme de mercure.
DR

Le mercure présent dans les amalgames dentaires pourrait, dans certains cas extrêmes, contaminer l’environnement jusqu’à des niveaux préoccupants pour la chaîne alimentaire, selon un rapport final publié vendredi par le Comité scientifique sur les risques sanitaires et environnementaux (SCHER) de la Commission européenne.

Les amalgames dentaires à base de mercure font l’objet d’une vive polémique entre d’une part les associations, qui les accusent d’intoxiquer les patients à petit feu, et les autorités sanitaires, qui estiment que les doses libérées sont sans risque pour l’organisme (voir le JDLE).

Le débat, loin d’être tranché, s’éteindra peut-être avec la fin des amalgames, progressivement remplacés par des résines composites. Certains pays, comme la Norvège et le Danemark, n’ont pas attendu pour les interdire… En France, une proposition de loi émanant de parlementaires d’EELV a été annoncée début décembre –un texte en cours d’élaboration (voir le JDLE).

Reste que le mercure dentaire, au-delà de la personne qui l’arbore, pourrait contaminer l’environnement, au risque de retombées sanitaires indirectes. Celui-ci n’est peut-être pas négligeable: dans l’UE, les amalgames constituent en effet la deuxième source d’usage de mercure (75 tonnes par an), derrière l’industrie du chlore et de la soude. C’est ce que rappelle le SCHER dans son rapport final sur l’impact environnemental des amalgames, dont une version préliminaire avait déjà alerté les associations fin octobre.

Risque non exclu

Globalement inchangée, cette version finale évalue le risque de pollution de l’eau de surface, de bioaccumulation, voire d’empoisonnement de l’homme, en fonction de plusieurs variables. Parmi celles-ci, l’abondance de dentistes, leur recours aux amalgames dentaires, l’usage de méthodes de séparation du mercure, le taux de conversion du mercure inorganique en méthylmercure, forme la plus toxique.

Lorsque tous ces facteurs se liguent pour le pire, à savoir le scénario le plus pessimiste, le SCHER montre qu’il est théoriquement possible que le poisson soit très contaminé, dépassant, parfois de loin, les limites admises dans les denrées alimentaires (0,5 mg/kg). Même dans un scénario présenté comme «moyen», des incertitudes persistent.

Pour le SCHER, «les prédictions d’exposition indirecte moyenne au méthylmercure résultant des amalgames dentaires sont bien plus basses que les limites admissibles, mais dans le scénario pessimiste, incertain mais pas impossible, des mesures préventives pourraient être nécessaires afin de diminuer le risque». En réduisant le nombre de dentistes?



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