Mercure : certaines denrées vont être passées à la loupe

Le 21 décembre 2011 par Romain Loury
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La Direction générale de l’alimentation (DGAL) a demandé une surveillance particulière des niveaux de mercure dans certaines denrées animales produites à proximité d’usines qui l’utilisent, dans une note de service publiée au Bulletin officiel.
 
La surveillance du mercure ne porte normalement «que sur les produits de la pêche», rappelle Thierry Guérin, qui dirige l’Unité contaminants inorganiques et minéraux de l’environnement [1]. Si la DGAL a demandé l’analyse d’autres types de denrées, c’est que quelques éléments troublants lui ont récemment été transmis.
 
Dans sa note de service destinée aux préfets, elle indique que les autorités sanitaires allemandes lui ont «notifié quelques dépassements de la teneur maximale pour le mercure total (organique et inorganique) dans des foies et reins de truies de réforme françaises abattues en Allemagne».
 
Deuxième élément, la DGAL évoque une contamination de productions agricoles «aux environs proches» d’une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), à savoir une usine produisant du mercure –dont l’identité n’est pas précisée.
La Direction appelle donc à réaliser 113 prélèvements d’ici février 2013, en vue d’un bilan prévu au cours du premier semestre de cette année. Sont concernées les denrées issues de truies de réforme (foie et rein), le lait, le miel, suivies de la viande bovine, de la viande de gibier et de la viande ovine.
 
Certaines régions semblent surveillées avec plus d’attention: la Bretagne (21 prélèvements), Rhône-Alpes (16), l’Auvergne (11) et l’Ile-de-France (10). En France métropolitaine, la DGAL demande de cibler «les produits issus de zones faisant l’objet de rejets de mercure dans l’environnement» [2].
 
Avec 9 prélèvements prévus, la Guyane pose un problème particulier, celui de l’orpaillage, activité illégale qui libère beaucoup de mercure dans les rivières -la DGAL propose d’ailleurs d’y analyser les animaux ayant accès à ces eaux. Quant aux autres régions d’Outre-mer et à la Corse, elles ne sont pas soumises à ce contrôle.
 
Ainsi que l’a révélé l’étude EAT2, «le risque de surexposition de la population française au mercure est faible», rappelle Thierry Guérin, qui ne voit à ce jour aucun motif d’alarme. Mais ce constat d’EAT2 ne repose que sur les seules denrées surveillées en routine, à savoir les produits de la mer.
 
«Il peut être intéressant d’élargir le champ d’étude, pour voir si l’on observe des choses ailleurs», poursuit le responsable d’unité. Dans le but éventuel «d’établir des seuils» pour d’autres denrées spécifiques, si un signal significatif y était observé. Une mesure qui ne peut être prise qu’au niveau européen.
 
Puisque de tels seuils n’existent actuellement pas pour les denrées concernées, l’analyse de ces 113 échantillons n’entraînera «pas de mesure de police sanitaire», indique la DGAL dans sa note.
 
[1] Cette unité, qui appartient au Laboratoire de sécurité des aliments de Maisons-Alfort (Val-de-Marne) de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), est étiquetée laboratoire national de référence (LNR) pour les contaminants inorganiques, dont le mercure.
 
[2] Dans son enquête EAT2 («Etude sur l’alimentation totale des Français»), publiée en juin dernier, l’Anses évoque, parmi les industries utilisant le mercure, celles fabriquant «batteries, câbles et interrupteurs électriques, appareils de mesure, amalgames dentaires, lampes», ainsi que l’incinération des déchets.


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