Menaces sur le deal Indonésie-Norvège pour sauver les forêts

Le 23 novembre 2010 par Célia Fontaine
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 Le programme de lutte contre la déforestation lancé par l'Indonésie avec le soutien financier de la Norvège est aujourd’hui menacé par les producteurs d'huile de palme et de bois, selon un rapport publié aujourd’hui 23 novembre par Greenpeace international.

Fin mai dernier, la Norvège a signé un accord bilatéral avec l’Indonésie selon lequel la nation scandinave s’engage à prélever un milliard de dollars (744,5 millions d’euros) sur ses revenus pétroliers pour financer la lutte contre la déforestation de l’Indonésie. En contrepartie, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono s’est engagé à décréter un moratoire de deux ans sur la création de nouvelles parcelles de plantations destructrices de forêts, comme le palmier à huile, par exemple.

Mais certains industriels ont fait connaître leur opposition au moratoire (dans le JDLE). Ils vont même jusqu’à saper sa mise en place, estime Greenpeace.

Intitulé « Redd Alert - Protection money », le rapport affirme que des programmes d'expansion visent à tripler la production d'huile de palme d'ici 2020 et de pulpe et pâte à papier d'ici 2025. S’ils se réalisent, l’Indonésie perdrait 40 % de ses forêts primaires restantes, une surface qui correspond à la Norvège et au Danemark réunis. Cela signifierait également la perte de la totalité de l’habitat de l’orang-outang, sans oublier les émissions de gaz à effet de serre supplémentaires résultant de la destruction de ces forêts et tourbières…

Pour faire accepter ces nouvelles plantations et donc par conséquent ces nouvelles déforestations, les industriels utilisent des « définitions ambiguës » qui permettent de classer des forêts en terres « dégradées » et de les « réhabiliter » en y plantant des palmiers à huile ou des acacias, explique Greenpeace.

Ainsi, il y aurait un risque que les financements Redd (réduction des émissions liées à la déforestation) soient détournés pour finalement favoriser la destruction des forêts plutôt que leur protection, s’inquiète l’ONG.

« Il y a encore beaucoup à faire pour sauver les forêts d’Indonésie », reconnaît Pak Heru, ministre indonésien membre de la task force Redd +. « Si l’on doit être optimiste, il faut aussi préparer la guerre, si l’on veut la paix. Celle-ci se fera avec une bonne gouvernance et un support financier », a-t-il déclaré.



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