Menaces sur le chocolat

Le 14 octobre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Cela fait belle lurette que Bill Gates ne s’intéresse plus à l’informatique. Pour preuve: la fondation qu’il co-pilote avec sa femme (la Bill and Melinda Gates Foundation) vient de financer une étude sur le devenir du cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux de fèves (59% de la production mondiale).

 

Rédigé par le Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) de Palmira, en Colombie, le rapport, mis en ligne cette semaine, ne va pas manquer d’inquiéter les croqueurs de chocolat.
 
Les chercheurs colombiens sont partis des scénarios climatiques A2 qui estiment que la température moyenne globale pourrait s’élever de 3,4°C d’ici la fin du siècle, par rapport à l’ère pré-industrielle. Et sans doute un peu plus dans les zones tropicales.
Pour la Côte d’Ivoire et le Ghana, les conséquences de cette évolution, qui semble désormais la plus probable aux yeux de nombre de climatologues, se feront sentir bien avant la fin du siècle.
Le climat régnant sur les deux principaux producteurs mondiaux de cacao va rapidement s’échauffer. Vers 2050, la température moyenne régionale pourrait être supérieure de 2°C à celle que nous connaissons aujourd’hui sur les côtes et de plus de 2,5°C dans le nord des deux pays.
 
Cette hausse du mercure aura des répercussions sur les précipitations: les deux saisons sèches devraient durer plus longtemps et le niveau annuel de pluviométrie diminuer. En conséquence, les régions propices à la culture du cacaoyer devraient se réduire comme peau de chagrin, notamment dans les régions ivoiriennes de Lagune, de Moyen et Sud Comoe et d’Agneby. Au Ghana, c’est la région occidentale, l’Ashanti et la Volta qui seront les plus touchées.
 
La forte baisse de production de cabosses ne sera pas compensée par l’amélioration (par rapport à la situation actuelle) des conditions climatiques dans la région orientale du Ghana et des 18 Montagnes en Côte d’Ivoire.
 
Est-ce la fin des forasteros ivoiriens et ghanéens? Pas si sûr, répondent les agronomes colombiens. Tout dépendra de la capacité des planteurs à anticiper et à s’adapter à la nouvelle donne climatique. Les agriculteurs peuvent trouver leur salut en plantant des cacaoyers dans des terrains de moyenne altitude. Le développement de l’irrigation peut palier le manque de pluie. Comme pour les plantations de tabac, le CIAT préconise aussi de réduire l’exposition au soleil des cacaoyers (Theobroma cacao).
 
Dans les régions les plus touchées par le climat, les agriculteurs devront probablement abandonner la monoculture et faire pousser, à côté de leur verger de cacao, des orangers, des palmiers à huile ou des anacardiers (Anacardium occidentale).
 


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