Menaces sur la Défense de l’environnement?

Le 29 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'utilisation des moyens lourds sera réduite.
L'utilisation des moyens lourds sera réduite.
Marine nationale

Comme prévu, la présidence de la république a publié, lundi 29 avril, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale.

Voilà 5 ans que les autorités ne s’étaient pas livrées à cet exercice de prospective et de planification de la gestion des armées. Que retenir de ce livre de 160 pages? Quelques chiffres imposants, à l’instar des dépenses militaires et de sécurité pour la décennie qui vient (364 milliards d’euros, en baisse progressive), la réduction de 24.000 «hommes» dans les 4 armes.

Ce document, qui servira de base au projet de loi de programmation militaire, annonce aussi des réductions significatives des moyens dont disposeront «bifins», marins, aviateurs et gendarmes: moins d’avions de chasse et de transports, moins d’hélicoptères, moins de blindés. Le rapport à la protection? Indirect, mais préoccupant, tout de même.

Les stratèges de l’hôtel de Brienne ne méconnaissent pas l’importance des questions environnementales, qui peuvent être sources de conflit ou de désordres régionaux. «Plusieurs décennies de croissance soutenue à l’échelle mondiale ont pour contrepartie une pression de plus en plus forte sur les ressources et un impact de moins en moins maîtrisé sur l’environnement. Les tensions qui en résultent sur focalisent sur l’accès à l’eau, aux terres et produits agricoles, aux matières minérales et énergétiques, y compris les matériaux stratégiques, ainsi que la maîtrise des voies par lesquelles s’opère leur transport.»

Ce constat s’applique à certaines régions ultramarines. L’arc Antilles-Guyane est décrit comme une «zone d’insécurité importante qui voit se développer de très nombreux trafics illicites internationaux: drogues, orpaillage illégal, blanchiment d’argent, immigration clandestine, pêche illégale, etc. qui affectent la sécurité de nos concitoyens ultramarins.»

Dans le Pacifique, les militaires pointent du doigt nos «ressources halieutiques et minérales importantes» qu’il conviendrait de protéger des appétits internationaux. Ont-ils entendus par les politiques? Pas sûr. Pour défendre les intérêts des DOM-COM, les rédacteurs du Livre blanc parlent de mutualisation des moyens avec les pays voisins, d’où sont souvent originaires trafiquants et pêcheurs illégaux. Or, pour reprendre le cas guyanais: la marine brésilienne s’apprête à investir massivement pour protéger ses installations pétrolières offshore. Peu probable qu’elle envoie sa flotte de sous-marins (d’origine française) traquer les chalutiers dans le delta de l’Orénoque.

Les marins ont bien compris les premières conséquences visibles des changements climatiques: «La diminution de la superficie des glaces de mer en Arctique n’est pas sans conséquence stratégique, et la perspective d’une utilisation régulière de nouvelles routes maritimes arctiques se rapproche.» Ce n’est pas pour cela qu’ils obtiendront des navires brise-glace ni l’autorisation d’aller patrouiller au-delà du cercle polaire.



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