Menaces sur l’Arctique

Le 12 novembre 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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 Les scientifiques n’ont probablement pas fini de découvrir de nouvelles conséquences de la dramatique marée noire qui a dévasté le golfe du Mexique ces derniers mois. Mais cela n’empêche pas les compagnies pétrogazières de pousser le gouvernement américain à autoriser la production d’hydrocarbures dans l’océan Arctique. Un océan dont le sous-sol est réputé très riche en hydrocarbures.

Selon une estimation réalisée en 2008 par les services géologiques américains (USGS), le sous-sol marin arctique pourrait receler 90 milliards de barils de brut, 1.700 milliards de pieds cubes de gaz naturel et 44 milliards de barils de condensats. Considérable !

A la demande du Pew Trust américain, les consultants Nuka Research et Pearson Consulting ont étudié les impacts potentiels de l’exploration pétrolière dans les mers de Beaufort et des Tchouktches, deux mers bordant l’océan Arctique. Leur rapport est plus qu’inquiétant.

Une marée noire survenant dans cette région serait bien plus difficile à juguler qu’au large de la Louisiane. Le port le plus proche, Dutch Harbor, est situé à plus de 2.000 kilomètres de la zone. Et la base de garde-côte la moins éloignée est tout de même située à 1.500 km. En cas d’accident, les secours mettront beaucoup de temps à intervenir. Et leur travail sera gêné par la présence d’icebergs. Les vents soufflant dans la région sont extrêmement puissants et soulèvent de très fortes tempêtes.

De telles conditions rendront probablement inopérant l’usage des dispersants, utilisés massivement contre les rejets de la plate-forme de BP. Par ailleurs, la région, dont le climat est l’un des plus froids de la planète, est plongée dans l’obscurité totale 6 semaines par an. Les basses températures réduisent aussi la capacité du milieu marin à dégrader le pétrole.

Bref, estime le Pew Trust, le développement de la production d’hydrocarbures dans cette région hostile n’est pas souhaitable, tant pour l’environnement que pour des questions de sûreté. Cette conclusion ne devrait pas convenir à la Shell qui entend se voir accorder par l’administration Obama l’autorisation d’explorer les sous-sols de la mer de Beaufort. 



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