Menace sur la transition énergétique

Le 17 juillet 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Le chiffre d'affaire mondial de la voiture électrique pèse 43 Md$.
Le chiffre d'affaire mondial de la voiture électrique pèse 43 Md$.
VLDT

Les Etats semblent incapables de créer un paysage propice à l’investissement durable et privé dans les énergies décarbonées, dénonce un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

C’est un sérieux coup de semonce que vient de tirer l’AIE. Dans un rapport mis en ligne ce mardi 17 juillet, l’agence basée à Paris s’inquiète des dernières tendances mondiales en matière d’investissement dans le domaine de l’énergie.

Entre 2016 et 2017, le montant total des investissements dans les énergies s’est élevé à 1.800 milliards de dollars, en baisse de 2% en un an. C’est aussi la troisième année consécutive que la planète resserre ainsi les cordons de la bourse énergétique. Avec 750 Md$, l’électricité reste la première cible des investisseurs (en baisse de 6% en un an)[1]. Elle est talonnée par la production d’hydrocarbures qui, dynamisée par la hausse des cours du brut, bondit de près de 5% (à 715 Md$): une première depuis 2014. L’AIE craint que ce rebond se poursuive cette année. L’activité pourrait croître de 5% entre 2017 et 2018.

le charbon au plus bas

En baisse de 15%, le charbon a tout de même attiré 79 Md$ d’investissement: son plus bas niveau depuis 10 ans. Tout conjugué, en 2017, 59% de l’argent consacré à l’énergie a été misé sur les fossiles. Cette part devrait tomber à 40% en 2030 pour nous placer sur une trajectoire conforme aux objectifs de l’Accord de Paris, souligne l’AIE.

Rien ne vaut le public ...

Tout aussi inquiétant semble être le désintérêt du privé pour l’énergie, un secteur encore jugé incertain. L’an passé, les entreprises étatiques ont réalisé l’essentiel des investissements énergétiques: 55% dans la production thermique d’électricité, 100% dans le nucléaire, 60% dans les réseaux d’électricité. Ces compagnies publiques pèsent aussi très lourd dans la production d’hydrocarbures, les centrales hydroélectriques et les programmes d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments.

... et les marchés régulés

Quand des entreprises privées s’aventurent dans l’électricité, c’est parce que ce domaine est régulé, déconnecté des surprises du… marché. 95% des investissements dans le secteur électrique sont couverts par des mécanismes étatiques (tarifs de vente décidés par la puissance publique, par exemple) ou des systèmes réduisant la part du risque commercial, à l’instar du contrat pour différence qui permet à EDF Energy de bâtir deux réacteurs EPR au Royaume-Uni.

la recherche publique remonte

Seule petite consolation: les nouvelles technologies. Les budgets publics dédiés à l’innovation et aux nouvelles technologies énergétiques ont atteint l’an passé le chiffre record de… 27 Md$. C’est presque la moitié de ce que les automobilistes ont consacré, cette même année, à l’achat de voitures électriques ou hybrides. De quoi faire baisser de 30.000 barils par jour la demande planétaire d’or noir.



[1] Dans ce lot, les énergies renouvelables électriques représentent 300 Md$, en baisse de 7%.

 



Sites du groupe
Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus