Menace sur l’arabica d’Ethiopie

Le 20 juin 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pour sauver le café éthiopien, il faudra faire monter les plantations en altitude.
Pour sauver le café éthiopien, il faudra faire monter les plantations en altitude.
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Certains des plus grands crus de cafés du monde sont menacés de disparition par le réchauffement climatique, mettent en garde des chercheurs britanniques et éthiopiens.

Les amateurs de bons arabicas broient du (petit) noir. Car le réchauffement climatique commence à fortement déplaire aux plants de caféiers d’Ethiopie, le berceau de Coffea arabica. Avec des conséquences catastrophiques pour la caféiculture, le principal employeur du pays.

520.000 hectares de culture

Une équipe de chercheurs anglo-éthiopiens, dirigée par Aaron Davis (jardins botaniques royaux de Kew), a modélisé les conséquences du changement climatique pour cette culture (plus de 520.000 hectares).

+1,5°C en 50 ans

Résultat, au rythme actuel du réchauffement (+1,5°C ces 50 dernières années), 39% à 59% des surfaces cultivées, majoritairement situées dans le sud (Sidamo) et l’est (Harar) du pays, pourraient se révéler impropres à la culture du café d’ici la fin du siècle, soulignent-ils dans un article publié dans Nature Plants.

In Vino veritas. Le café n’est pas seul menacé. A l’occasion du salon Vinexpo, qui se tient à Bordeaux, les vignerons rappellent que les vins subissent déjà les effets du réchauffement (montée du taux de sucre, baisse de l’acidité). A plus long terme, les professionnels craignent de voir disparaître des régions vinicoles (Australie) pour en voir apparaître d’autre: Angleterre, Canada.

Une véritable catastrophe pour les 15 millions de paysans éthiopiens qui vivent de cette culture. Un désastre pour Addis-Abeba qui perdrait là l’une des ses principales sources de devises.

Montée en altitude

Le caféier aimant beaucoup l’humidité et la fraicheur, il donne le meilleur de lui-même dans les forêts tropicales d’altitude, situées entre 1.200 et 2.100 mètres. On peut donc imaginer remonter les plantations en altitude pour compenser la hausse des températures et fuir la sécheresse.

Une stratégie efficace mais dont les effets resteront limités, estiment les scientifiques. Pour éviter les conséquences du réchauffement, il faudrait monter les plantations de 32 m tous les ans, souligne Aaron Davis.

En 2012, la même équipe de Kew estimait que pour la majorité des surfaces occupées par des plants sauvages de café arabica, ces plants étaient voués à la disparition.



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