Menace en mer du Nord

Le 27 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les personnels ont été mis en sûreté.
Les personnels ont été mis en sûreté.

 

Une zone d'exclusion maritime et aérienne a été mise en place autour d'une plate-forme d'exploitation d'hydrocarbures appartenant à Total en mer du Nord, au large de l'Ecosse, en raison d'une importante fuite de gaz, a indiqué ce mardi 27 mars un porte-parole du groupe pétrolier français.

La fuite, qui représente «le plus gros incident pour Total en mer du Nord depuis au moins 10 ans», a conduit le groupe à faire appel à «des experts venus de France et à d'autres spécialistes», a indiqué Brian O'Neill à l'AFP mardi matin.

Une zone d'exclusion maritime de 3,7 kilomètres a été mise en place tandis que les avions et hélicoptères sont interdits de survol sur 5,5 km. «La zone d'exclusion permet aux équipes qui interviennent sur la fuite de travailler en toute sécurité», a expliqué à l'AFP une porte-parole des garde-côtes.

Trois avions de surveillance loués par Total vont survoler la zone mardi. La fuite a entraîné un nuage de gaz sur la zone, qui peut présenter des risques d'inflammation et de toxicité, selon Simon Boxall, océanographe à l'université de Southampton, interrogé par la BBC.

Lors de la fuite qui a débuté dimanche, du liquide s'est d'abord échappé avant le gaz, a expliqué le porte-parole de Total, entraînant la formation d'une nappe fine d'hydrocarbure de 4,8 miles carrés (12,4 km2).

Au total, 23 tonnes de gaz se sont échappées de la plate-forme en 48 heures, et la fuite, même si elle n'est pas encore colmatée, est «stable», selon Total.

Selon le porte-parole, il s'agit d'un condensat léger, qui devrait spontanément s'évaporer de la surface de l'eau. Un avion capable d'arroser la zone de dispersants est prêt à intervenir.

L'équipage d'n avion de surveillance a confirmé la présence d’irisations à proximité de la plate-forme. Selon le pétrogazier français, il s’agit de «boues de forage et/ou de produits légers associés au gaz représentant un volume actuellement estimé à environ 30 m3. Les premières indications montrent qu’il n’y pas d’impact significatif sur l’environnement et que l’utilisation de dispersant n’est pas nécessaire à ce stade. La compagnie Oil Spill Response Limited (OSRL) a été mobilisée et évalue la situation.»

En outre, «les risques d'explosion sont réduits, l'alimentation électrique ayant été coupée sur la plate-forme», même si le risque zéro n'existe pas, a assuré le porte-parole.

«Nous sommes presque sûrs que la fuite provient de la partie de la plate-forme située au-dessus du niveau de la mer, ce qui rendrait probablement plus faciles les opérations de réparation», a-t-il indiqué.

Interrogé sur la création d'un puits d'intervention, destiné à soulager la pression sur le puits principal, David Hainsworth, responsable Sécurité et environnement chez Total au Royaume-Uni, a estimé qu’une telle intervention pourrait prendre 6 mois.

Total a évacué les 238 personnes qui se trouvait sur sa plate-forme sur le champ Elgin dans la nuit de dimanche à lundi, et a coupé l'alimentation afin de limiter les risques d'explosion.

Lundi, le groupe anglo-néerlandais Shell a évacué à son tour par précaution 85 personnes de sa plate-forme de Shearwater et du puits d'extraction de Hans Deul, situés à quelque 6 km de la station de Total.

La dernière catastrophe majeure en mer du Nord remonte à 1988, avec l'explosion de la plate-forme gazière Piper Alpha, appartenant à Occidental Petroleum, qui avait fait 167 morts.

A la bourse de Paris, le cours de l’action Total plongeait de plus de 6% cet après-midi, soit une baisse de 6 milliards de la valeur boursière du groupe.



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