Même endormi, tu réchauffes le climat

Le 08 septembre 2015 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les techniques d'anesthésie ont bien progressé.
Les techniques d'anesthésie ont bien progressé.
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Les gaz anesthésiants ont une fâcheuse tendance à renforcer l’effet de serre, indique une étude récemment publiée dans Geophysical Research Letters.

Climat et chirurgie n’ont jamais fait bon ménage. Utilisé depuis la fin du XVIIIe siècle, le protoxyde d’azote (N2O) était l’un des anesthésiants les plus présents dans les cabinets de dentistes et les blocs opératoires. Explosif dans des conditions très particulières, favorisant certains effets indésirables, l’ancien gaz hilarant mite aussi la couche d’ozone et contribue à l’effet de serre. Sur un siècle, son pouvoir de réchauffement global (PRG) est 310 fois supérieur à celui du CO2. Autant de raisons qui militent en faveur de substituts.

Les vertus des cousins de l’éther

Chimistes et chirurgiens se sont mis au travail. Et se sont souvenu des propriétés anesthésiques des cousins de l’éther (explosif et inflammable): desflurane, enflurane, isoflurane, et plus récemment sévoflurane. Réputés plus sûrs pour les soignants et les patients, ces gaz n’endorment pas le réchauffement climatique. Bien au contraire.

à toutes les latitudes

Dix années durant, une équipe de chimistes de l’atmosphère, menés par Martin Vollmer (Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche de Dübendorf, Suisse), a effectué des prélèvements d’air un peu partout dans l’hémisphère Nord, mais aussi dans le Pacifique Nord et sur la station antarctique King Sejong située dans l’archipel des Shetlands du Sud. Publiés dans les Geophysical Research Letters, leurs résultats sont inquiétants. Desflurane, Isoflurane et sévoflurane sont désormais présents à toutes les latitudes: 0,3 partie par billion (ppt) pour le desflurane, 0,097 ppt pour l’isoflurane, 0,13 ppt pour le sévoflurane.

Certes, ces concentrations restent faibles, pour le moment. Elles sont toutefois en forte progression, de 50 à 300% en une décennie selon les produits, notent les chercheurs. De plus, le PRG de ces gaz anesthésiants est proprement stupéfiant: 216 pour le sévoflurane, 491 pour l’isoflurane et 1.790 pour le desflurane. De quoi donner un coup de fouet au réchauffement.



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