Méditerranée: vers une réduction des quotas de pêche

Le 10 février 2016 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Bruxelles au secours de Mare Nostrum?
Bruxelles au secours de Mare Nostrum?

La Commission européenne se dit prête à agir au plus vite pour enrayer la surpêche en Méditerranée, a annoncé le commissaire à l’environnement, aux affaires maritimes et à la pêche, Karmenu Vella, lors d’un séminaire de haut niveau qui s’est achevé mardi 9 février à Catane en Sicile. De premières mesures pourraient être annoncées dès mai prochain.

Avec 96% des stocks de poisson victimes de surpêche, la Méditerranée est au bord de l’asphyxie. En janvier, une étude américaine a révélé l’importance de la pêche illégale, avec des volumes déclarés très en-deçà de la réalité des captures. Pour éradiquer la surpêche en Méditerranée, «la communauté scientifique appelle à une réduction de 50% à 60% de l’effort de pêche», rappelle la coalition MedReAct.

Présente à Catane, Domitilla Senni, de MedReAct, rappelle au JDLE l’exemple du thon rouge, dont les effectifs sont de nouveau à la hausse grâce à une réduction sévère des quotas: «cela montre que l’on peut encore obtenir un succès rapidement, si la volonté politique est là, car la capacité de régénération des stocks est très élevée». Les pêcheurs commencent eux-mêmes à comprendre le problème, et «acceptent l’idée qu’il fait faire quelque chose», ajoute-t-elle.

C’est la Commission européenne qui organisait à Catane, lundi 8 et mardi 9 février, ce premier séminaire de haut niveau sur la question, après avoir annoncé en novembre vouloir en faire une priorité. «La plupart des stocks vont mal, les faits ne peuvent plus être contestés: les stocks méditerranéens sont en déclin, certains sont même au bord de l’extinction», a constaté le commissaire Karmenu Vella lors de son discours.

Aller plus vite que la PCP

Certes, la Politique commune de la pêche (PCP) prévoit, au plus tard d’ici 2020, la mise en place de plans de gestion dans le respect des rendements maximaux durables, quantité théorique de poissons à pêcher pour assurer la pérennité des stocks. Mais d’ici à ce qu’ils entrent en vigueur, «nous ne pouvons pas nous reposer et continuer à voir nos stocks diminuer», explique Karmenu Vella.

D’ici là, la Commission pourrait décider d’une «boîte à outils» pour gérer les stocks au plus vite, explique Domitilla Senni. Contactée par le JDLE, une porte-parole de la Commission, qui indique qu’il est trop tôt pour annoncer quelles seront les mesures retenues, indique qu’une première réunion aura lieu très prochainement entre experts de la Commission et des Etats-membres.

Karmenu Vella devrait ensuite se rendre, «fin février, début mars», dans des pays non européens (Tunisie, Turquie, Maroc) afin d’y «obtenir des accords». Les discussions pourraient se poursuivre en marge du salon international des produits de la mer, le Seafood Expo Global, qui aura lieu fin avril à Bruxelles. Fin mai à Milan, «les Etats-membres de l’UE et les autres pays méditerranéens pourraient enfin mettre quelque chose sur la table» à l’occasion de la réunion annuelle de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée (GFCM), avance la porte-parole.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus