Méditerranée: la pêche de loisir, un impact sous-estimé

Le 12 janvier 2015 par Romain Loury
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Dans la mer Méditerranée, la pêche du dimanche pourrait avoir un impact non négligeable sur la faune marine, estiment des chercheurs espagnols. Selon eux, il est temps d’imposer plus de contrôles sur cette pratique, qu’elle s’exerce en bateau, sur la côte ou par la chasse sous-marine.

Sur le pourtour méditerranéen, on estime que 10% des gens pratiquent la pêche pour leur loisir. Son impact pourrait être bien plus important qu’on ne l’imagine, comme le révèlent Toni Font et Josep Lloret, chercheurs en sciences environnementales à l’université de Girone (Espagne). En termes de volume, cette activité équivaudrait, selon les endroits, entre 10% et 50% de la pêche commerciale à petite échelle -excluant les chalutiers et la pêche à la senne.

Or la pêche de loisir souffre d’une quasi-absence de contrôles. Notamment en termes de taille des poissons capturés: sur la Côte bleue, entre l’étang de Berre et Marseille, 81% des sars communs et 16% des sars à tête noire sont plus petits que le minimum légal, indiquent les chercheurs. De même que 33% des dorades, 90% des sars à tête noire et 66% des sars communs pêchés au cap de Creus, en Catalogne espagnole.

D’après la revue de la littérature menée par les chercheurs, et publiée dans les Reviews in Fisheries Science & Aquaculture, environ 30% des espèces capturées sont considérées comme vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) -la plupart comme «préoccupations mineures». Spécificité méditerranéenne, la pratique consistant à relâcher les poissons une fois ceux-ci pêchés demeure rare, «probablement parce que la plupart des espèces sont pêchées pour la consommation humaine».

Introduction d’espèces invasives

Les chercheurs s’inquiètent par ailleurs des appâts choisis, pour la plupart des vers non originaires de la Méditerranée. «L’usage d’espèces exotiques peut constituer une menace pour l’écosystème côtier», jugent les chercheurs. Et ces vers ne sont pas les seuls envahisseurs potentiels: pour les garder en milieu humide, et donc vivants, les fabricants les conditionnent dans des algues exotiques, qui elles-mêmes peuvent contenir de petits crustacés ou des escargots marins venus d’ailleurs.

Selon les chercheurs, les pêcheurs du dimanche doivent être mieux sensibilisés «aux bonnes pratiques permettant une durabilité des ressources marines». Mais «il est surtout essentiel que des règles spécifiques soient établies envers les espèces protégées», notamment en matière de taille minimale, d’interdictions périodiques et de limites de volume, concluent-ils.



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