Médicaments dans les EDCH: la carbamazépine, un risque négligeable

Le 15 mai 2013 par Romain Loury
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9% des eaux traitées contiennent de faibles doses d'anti-épileptique.
9% des eaux traitées contiennent de faibles doses d'anti-épileptique.

Le risque sanitaire lié à la présence de résidus de carbamazépine dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH) apparaît négligeable, selon une évaluation des risques publiée le 13 mai par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Selon des travaux publiés en 2011, réalisés dans le cadre du Plan national sur les résidus de médicaments dans les eaux (PNRM) lancé cette année-là, l’anti-épileptique carbamazépine serait le résidu de médicament le plus souvent retrouvé dans les EDCH. Il était détecté dans 9% des eaux traitées analysées, tandis que son principal métabolite, l’époxycarbamazépine, l’était dans 14,8% des cas.

Face aux incertitudes quant à l’effet sanitaire des résidus de médicaments, l’Anses vient de publier une méthode d’évaluation des risques, qu’elle vient pour la première fois d’appliquer à deux molécules, en l’occurrence la carbamazépine et la danofloxacine, antibiotique réservé à l’usage vétérinaire.

Son verdict: aux concentrations mesurées dans les EDCH, le risque sanitaire est «négligeable». La méthode mise au point par l’Anses repose sur 8 «modules»: caractéristiques de la molécule; identification des métabolites; identification des produits de transformation pertinents; évaluation de l’exposition de l’homme via l’EDCH; effets biologiques; détermination des valeurs toxicologiques de référence (VTR); détermination d’une valeur guide. Le huitième consiste en l’évaluation des risques proprement dite, qui repose sur une marge de sécurité calculée en comparant la valeur-guide au niveau d’exposition.

Ce qui a permis à l’Anses de conclure à un risque négligeable, c’est que l’exposition à la carbamazépine et à l’époxycarbamépine via l’ECDH était 825 fois inférieure à la valeur-guide. Quant à la danofloxacine, sa marge de sécurité était de 561. Malgré ces résultats a priori rassurants, l’Anses reconnaît plusieurs limites à son évaluation des risques, qui découlent du manque de données quant aux résidus de médicaments.

Premier constat, les chiffres de contamination des ECDH demeurent rares, ceux obtenus à ce jour ne constituant qu’«une image instantanée (…) sans intégrer les variations spatiales et temporelles», admet l’Anses. Peut-être encore plus problématique, le manque de connaissances quant aux VTR des médicaments, à savoir leur toxicité chronique. «Les données des dossiers d’AMM [autorisation de mise sur le marché] et de la pharmacovigilance sont difficilement extrapolables à des doses nettement inférieures aux doses thérapeutiques et à la population générale», explique l’agence. L’Anses soulève aussi la question des mélanges de substances à faible dose, ce qui n’est pas sans évoquer un autre sujet problématique, celui des perturbateurs endocriniens.



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