Médicaments dans l’eau : le plan d’action est lancé

Le 31 mai 2011 par Célia Fontaine
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le plan d’actions national de réduction de la présence de résidus médicamenteux dans les eaux (ou PNRM) a été officiellement présenté par la ministre en charge de l’écologie le 30 mai, à l’occasion d’une visite de laboratoire à Chatenay-Malabry.
La France est le 4e consommateur mondial de médicaments; elle commercialise pas moins de 3.300 molécules différentes. «Antibiotiques, antidépresseurs, bêtabloquants, contraceptifs oraux, antiparasitaires, autant de substances qui sont rejetées de façon continue dans les milieux aquatiques», rappelle le ministère.
 
Si les quantités mesurées dans les milieux aquatiques sont infimes (de quelques nanogrammes à quelques centaines de microgrammes par litre) (dans le JDLE), les conséquences environnementales et sanitaires sont encore mal connues (dans le JDLE). «Certains effets de résistance bactérienne dans l’environnement sont par exemple mis en évidence», croit savoir le ministère. De nombreuses observations, comme la «féminisation» des poissons, confirment le risque environnemental associé à ces substances, même si les effets observés peuvent résulter de molécules qui, sans être des médicaments (pesticides, métaux, retardateurs de flamme…) sont des perturbateurs endocriniens.
 
Outre le fait que les médicaments non utilisés soient ramenés en pharmacie[1] pour être incinérés (dans le JDLE), il a été décidé lors du Grenelle de l’environnement de prendre des mesures pour limiter la dispersion des résidus médicamenteux dans l’eau. Annoncé en novembre 2009 (dans le JDLE), le premier PNRM est désormais disponible.
 
Parmi les trois axes de ce plan figure l’évaluation des risques, notamment par des campagnes de mesures des résidus de médicaments dans les eaux (de surface, souterraines ou potables) et les sols. Plus concrètement, les rejets hospitaliers, de stations d’épuration et des effluents d’élevage seront évalués afin d’identifier les principales sources de contamination.
Les données nécessaires à l’évaluation des risques seront ensuite mises à disposition dans un portail commun aux substances chimiques.
 
Le deuxième axe vise à définir des mesures de gestion que l’on peut prendre à court terme. Il s’agit de promouvoir et renforcer les filières de récupération et d’élimination des médicaments non utilisés à usage humain (dispositif Cyclamed) et vétérinaire. Cela implique également d’inclure des précautions d’élimination dans les notices, et de sensibiliser de manière générale la population au bon usage du médicament.
«A plus long terme, il s’agit de mieux prendre en compte l’impact environnemental des médicaments sur l’environnement, lors de l’examen des dossiers de demande d’autorisation de mise sur le marché. Cette action devra être conduite au niveau européen», explique le communiqué du 30 mai.
 
Enfin, le troisième axe du PNRM porte sur la recherche. Le gouvernement a annoncé qu’un appel à projets sera lancé en 2012 sur quelques bassins versants pilotes de taille limitée pour acquérir des connaissances et tester, en grandeur nature, les actions de ce plan. Ces expérimentations porteront également, de façon plus large, sur la pollution des milieux aquatiques par tous les micropolluants.


[1] Sur près de 30.000 tonnes de médicaments non utilisés par an, seules 13.000 tonnes sont récupérées dans les pharmacies.


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus