Mauvaises et bonnes nouvelles en provenance de la transition énergétique

Le 27 mars 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le couple batterie (photo) renouvelable devient compétitif face au charbon.
Le couple batterie (photo) renouvelable devient compétitif face au charbon.
VLDT

 

Le secteur énergétique mondial n’a jamais émis autant de CO2 qu’en 2018. Cela devrait n’être plus qu’un mauvais souvenir si les tendances technologiques et économiques en cours se poursuivent. Explications.

 

Pas facile d’évaluer l’avancée de la transition énergétique mondiale. De prime abord, les nouvelles ne sont pas excellentes. Mardi 26 mars, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a rappelé que les émissions énergétiques de CO2 avaient bondi de 1,7% entre 2017 et 2018, pour atteindre le niveau historique de 33,1 milliards de tonnes de gaz carbonique.

C’est principalement l’augmentation de la consommation d’électricité (+4%) qui a tiré à la hausse toutes les autres consommations d’énergie. La demande de pétrole a progressé de 1,3%, mais surtout celle de gaz a bondi de 4,6%: un taux de croissance inédit depuis 2010.

politique environnementale

Paradoxalement, ce boom gazier est l’une des conséquences d’une politique environnementale. Pour assainir la qualité de l’air, la Chine remplace ses centrales électriques au charbon urbaines par des installations au gaz, dont un accroissement de la demande gazière de 18% en un an. Aux Etats-Unis, le grand remplacement en cours du charbon par le gaz se poursuit à grande vitesse, avec pour conséquence une hausse de 10% de la demande de précieuses molécules outre-Atlantique. A lui seul, ce pic de consommation américain équivaut à la demande annuelle britannique.

Autre mauvaise nouvelle: la confirmation de la réémergence du charbon. Après deux années consécutives de baisse (2015 et 2016), la consommation mondiale poursuit sa reprise: +0,7%. En cause: une demande qui ne faiblit pas en Inde, en Indonésie, au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines.

renouvelables en hausse

Fort heureusement, il n’y a pas que de mauvaises nouvelles. Elles aussi dynamisées par l’augmentation de la demande, les énergies renouvelables ont fortement progressé. Elles fournissent le quart de la demande planétaire d’électricité. En 2018, éoliennes et panneaux photovoltaïques, pour l’essentiel, ont injecté 450 térawattheures -TWh- de plus (+7,1%) sur les réseaux qu’en 2017: l’équivalent de la consommation française ou brésilienne.

Les sources d’énergies décarbonées produisent 37% du courant mondial, contre 34% en l’an 2000. Cela ne progresse pas très vite. Tout comme l’efficacité énergétique. L’économie mondiale a amélioré celle-ci de 1,3% l’an passé. C’est moins bien que les trois années précédentes: 3% en 2015, 2,5% en 2016 et 1,9% en 2017.

Cette piètre performance montre un recul des pouvoirs publics à imposer des politiques d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique. Selon les estimations de l’AIE, seul un tiers des usages énergétiques finaux sont couverts par des politiques d’amélioration: labels, étiquetage, etc.

chute de prix

Tout n’est pourtant pas noir. En témoignent les courbes de prix des énergies ‘nouvelles’. Dans une note publiée le 26 mars, Bloomberg New Energy Finance (BNEF) montre que la baisse des coûts des énergies renouvelables électriques et du stockage se poursuit.

Entre 2010 et 2018, le coût actualisé de l’énergie produite par des éoliennes terrestres, des centrales photovoltaïques et des éoliennes marines a respectivement baissé de 49%, 84% et 56%, souligne le consultant. Pour les batteries, la tendance est également baissière. En se basant sur les résultats des derniers appels d’offres, BNEF estime que le coût des batteries lithium-ion a chuté de 76% depuis 2012.

Désormais, ce sont les énergies solaire et éolienne (terrestre) qui sont les modes de production d’électricité les plus compétitifs dans la plupart des régions du monde. Même non subventionnés, les coûts de production du couple ‘renouvelable’-batterie flirtent désormais avec ceux des centrales à gaz ou à charbon.

charbon moins rentable

Ce basculement économique en annonce un autre: la baisse de l’attractivité du charbon pour les investisseurs. De plus en plus de fonds d’investissement et de banques réduisent leur exposition au charbon. Ce qui commence à se traduire concrètement. Selon la dernière mouture du Global Energy Monitor, le nombre de projets de centrales au charbon ne cesse de diminuer. En 2018, 358 gigawatts -GW- de capacités au charbon sont annoncées, soit 69% de moins qu’en 2015.



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