Mauvais bilan climatique de la conférence de Varsovie

Le 21 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Peu de spectateurs dans le stade national pendant la COP.
Peu de spectateurs dans le stade national pendant la COP.
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Alors que le sommet climatique polonais brûle ses derniers feux, il est encore trop tôt pour en tirer un bilan politique. Même si se livrer à l’exercice s’avère tentant.

Montrant son désintérêt pour la question, le premier ministre polonais, Donald Tusk, n’a pas hésité à remanier son gouvernement en plein sommet, chassant dans le même temps son ministre de l’environnement, pourtant président de la conférence.

Clin d’œil aux négociateurs et aux parties prenantes, l’équipe Tusk n’a pas hésité non plus à accueillir le sommet mondial du charbon pendant la conférence de l’ONU.

Malgré la tristesse provoquée par les ravages causés aux Philippines et en Sardaigne par des cyclones, quelques bonnes nouvelles ont égayé le stade national, faisant office de centre de congrès. Faisant leur les directives de la Banque mondiale, états-Unis, Grande-Bretagne et France s’interdisent désormais de financer la construction de centrales au charbon, à l’étranger.

Au plan diplomatique, la plupart des 193 parties à la conférence (les Etats ayant ratifié la convention de l’ONU sur les changements climatiques) estiment toujours possible de conclure un accord mondial en décembre 2015. Ce qui n’empêchent pas les ONG de fustiger la lenteur des négociations. Ce vendredi, en fin de matinée, les représentants de grandes ONG ont d’ailleurs quitté bruyamment le stade, en scandant «polluters talk, we walk» (les pollueurs parlent, nous marchons).

Si elles ne sont pas aussi rapides qu’espéré, les lentes tractations ne doivent pas faire oublier la grave nouvelle de cette quinzaine: l’abandon par le Japon (5e émetteur mondial, avec 1,2 milliard de tonnes de CO2/an) de toute politique climatique digne de ce nom.

Le renoncement japonais

Le 15 novembre, Tokyo a annoncé qu’il renonçait à réduire d’un quart ses rejets carbonés entre 1990 et 2020. A la place, l’empire du soleil levant s’engage à abattre de 3,8% ses émissions entre 2005 et 2020. Ce qui équivaut à les augmenter de 3% sur la période précédente et officielle.

Parallèlement, le nouveau gouvernement australien s’active à démanteler tout le dispositif mis en place par la précédente majorité (taxe carbone, soutien aux renouvelables et à de nouvelles pratiques agricoles, etc.) pour tenir son engagement d’alléger son bilan carbone d’au moins 5% entre 2000 et 2020.

Le retrait australien

En rejetant annuellement plus de 370 MtCO2, l’Australie est le 17e émetteur mondial.

10e contributeur mondial, avec son demi milliard de tonnes de CO2 émises tous les ans, le Canada devrait faire pire. Le pays à la feuille d’érable a confirmé, il y a quelques jours, qu’il ne parviendra pas à mieux faire que de limiter à 20% son trop plein d’émission, en 2020, par rapport à l’engagement volontaire pris à Copenhague (pas plus de 612 Mt).

Ces dérapages se paient cash. D’après les calculs réalisés par Climate Action Tracker, l’humanité est désormais sur les rails d’un réchauffement de 3,7°C (par rapport à l’ère pré-industrielle), avec un 35% de chance d’atteindre les 4°C d’ici à la fin du siècle. 4°C, c’est le double de l’objectif que s’est fixé la communauté internationale. Mais elle semble l’avoir oublié.



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