Matières radioactives: des transports à haut risque

Le 08 mars 2007 par Bérangère Lepetit
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Les transports de matières radioactives nécessitent des mesures de protection drastiques adaptées à la mobilité. De nombreux problèmes surviennent pourtant chaque année.

Plus de 50 incidents chaque année: voilà ce que constate l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) chargée de contrôler les transports de matières radioactives depuis 1997. 21% de ces incidents concernent un problème de manutention et d'arrimage, 18% une mauvaise signalisation, 17% une perte, un vol ou une malveillance. «Depuis 10 ans que l'ASN est investie de cette mission, la sécurité dans le transport des gros colis s'est améliorée, explique David Landier, directeur des activités industrielles et du transport à l'ASN. Il est nécessaire, en revanche, de renforcer le contrôle sur les petits colis».

Près de 700.000 colis de matières radioactives sont transportés chaque année en France. Parmi eux, 90% sont considérés comme des «petits» colis. Suivant la quantité de radioactivité contenue,  l'ASN distingue en effet les «petits» des «gros» colis. Tout dépend du degré de dangerosité du colis s'il laisse échapper la matière radioactive qu'il contient. Déchets radioactifs, appareils utilisés dans l'industrie, radios pharmaceutiques, ils circulent par air, par mer, sur route. La plupart sont destinés à l'industrie classique (52%) et nucléaire (17%) et au secteur médical (28%).

Or, l'ASN signale «un foisonnement et une banalisation» des petits colis qui ne nécessitent pas d'agrément. Parmi les situations courantes lors des transports, on note par exemple l'absence d'arrimage des colis, les distances de séparation non respectées ou le chargement du colis sans précaution. Nombre de ces incidents sont observés dans les aéroports. «Pourtant, le transport de ces colis fait l'objet d'une réglementation touffue et foisonnante qui évolue sans cesse, remarque David Landier.

Depuis sa publication en juin 2001, l'arrêté français sur le transport de marchandises dangereuses (1) a subi 14 amendements. S'ajoute à cela la prise en compte du Code de la route, la législation européenne sur le transport, la réglementation additive française relative à la loi sur la sécurité, le Code du travail, les textes relatifs à la santé publique, aux matières nucléaires et aux déchets, etc. «La première difficulté concerne l'avalanche de textes, leur diversité, leurs modifications permanentes et leur rédaction parfois très obscure», explique Claire Pourade, gérante de la société Dangexpress et mandataire de trois groupements de PME spécialisées en transport de matières radioactives (2).

L'ASN demande de simplifier une réglementation très difficile à appliquer pour les petites entreprises et d'encourager une meilleure coordination entre les Etats et les exploitants. «Connaître et concilier toutes les divergences par pays et par exploitant applicables en transports nationaux, suivant les différents modes de transport envisagés relève d'une compétence particulière», ajoute Claire Pourade. Entreprises industrielles, entreprises du bâtiment, chantiers, universités, laboratoires de recherche, hôpitaux, agences immobilières: de multiples acteurs sont impliqués dans le transport de matières radioactives, ce qui rend les interprétations différentes et la communication parfois complexe. Enfin, la sûreté des petits colis nécessite également une «lutte contre leur banalisation». Malgré les difficultés dues à la multiplicité des activités et des acteurs, l'ASN devra donc renforcer son contrôle des transports de matières radioactives.



(1) Arrêté du 1er juin 2001 relatif au transport des marchandises dangereuses par route (dit «arrêté ADR»)

(2) p 22,  Contrôle n°174, revue de l'ASN




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