Matières premières: plus efficaces, les Européens?

Le 10 juin 2016 par Stéphanie Senet
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L'utilisation efficace des ressources, une priorité planétaire
L'utilisation efficace des ressources, une priorité planétaire

Crise financière oblige, la consommation de ressources a baissé en Europe depuis 2007, tandis que son efficacité a progressé de 34% entre 2000 et 2014. Une amélioration fragile qu’il faut pérenniser, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement (AEE) publié le 9 juin.

 

En moyenne, l’Europe engloutit aujourd’hui 13,1 tonnes de matériaux par personne et par an, contre 15,5 t en 2000. Cette baisse d’appétit est à mettre au compte de la crise que subit le secteur de la construction depuis 2007. Mais que se passera-t-il si la croissance repart à la hausse en Europe? Tout est à craindre vu le manque de structuration des politiques publiques ciblant l’utilisation des ressources.

 

Pénurie de stratégies

Les stratégies nationales visant à améliorer l’efficacité des ressources ne sont en effet pas légion en Europe. Seuls trois pays -Allemagne, Autriche et Finlande- et deux régions -Ecosse et Flandres- ont élaboré une feuille de route spécifique. Ailleurs, on préfère intégrer cette problématique au sein d’une politique plus large, le plus souvent un programme de réduction ou de recyclage des déchets. 29 pays européens ont également mentionné des actions visant à accroître l’efficacité énergétique et le recours aux énergies renouvelables.

Quelles sont leurs motivations? En majorité, les Etats européens améliorent leur gestion des ressources naturelles pour doper leur compétitivité, sécuriser l’approvisionnement en matières premières, réduire leur dépendance aux importations et les pressions sur l’environnement. Certains évoquent aussi la création d’emplois verts et le recours aux matières secondaires. Seuls 9 pays font le lien avec la lutte contre le changement climatique.

Paris stagne depuis 2009
En France, la productivité des ressources s’élève à 2,50 euros par kilogramme en 2014. Un résultat légèrement supérieur à la moyenne européenne (2 €/kg) mais qui évolue peu depuis 2009. Aucune stratégie spécifique n’a d’ailleurs été mise en place dans l’Hexagone. A noter toutefois que la loi sur la transition énergétique comporte un chapitre consacré à l’économie circulaire et que le plan national de prévention des déchets (PNPD) vise à découpler la croissance économique et les impacts sur l’environnement liés aux déchets.

 

Pénurie d’indicateurs

Faute d’indicateurs précis, l’efficacité des ressources s’avère difficile à mesurer. Les statistiques les plus courantes proviennent du calcul d’Eurostat sur la consommation de matières premières (8 pays européens l’ont adapté au niveau national). Mais rien ou presque n’existe en matière d’efficacité. L’AEE note toutefois que des travaux sont en cours en Belgique, France, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suisse pour définir des indicateurs de l’économie circulaire. Bref, il est aujourd’hui impossible de mesurer précisément l’impact de la consommation de matériaux sur l’environnement ni son découplage avec la croissance économique.

 

Pénurie d’objectifs

Logiquement, les objectifs sont aussi peu nombreux que les indicateurs… Selon les rapporteurs, les seuls pays ayant fixé une cible nationale sont l’Allemagne, l’Autriche, l’Estonie, la France, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne, le Portugal et la Slovénie. Le plus souvent, cette cible se résume à un indice de productivité des ressources (soit la consommation de ressources calculée en fonction du PIB).

Des déchets pleins de ressources
L’AEE recommande à la France de se tourner vers trois catégories de ressources: les déchets plastique issus des emballages ménagers, au fort potentiel de recyclage, les déchets alimentaires, encore largement enfouis, et les déchets de construction à rediriger dans des circuits locaux.
L’Agence rappelle aussi que l’affichage environnemental, expérimenté en France, permettrait de réduire significativement les ressources en responsabilisant les consommateurs. L’expérience n’a pourtant pas été généralisée dans l’Hexagone.


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