Matières fissiles recherchent stockage désespérément

Le 24 mars 2014 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La récupération des matières fissiles par les Etats-Unis a été annoncée lors du Sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye
La récupération des matières fissiles par les Etats-Unis a été annoncée lors du Sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye

Le seul site américain de stockage de déchets nucléaires en couche profonde -Waste isolation pilot plant (WIPP)- ne sera pas agrandi. Suite à l’incendie survenu le 5 février et à la contamination de  17 employés, le secrétaire d’Etat à l’environnement du Nouveau Mexique a annoncé, le 21 mars, que le projet de créer deux nouvelles salles de stockage était abandonné.

Alors que le centre de stockage est fermé depuis le 14 février, le département fédéral de l’énergie (DOE) n’est toujours pas en mesure d’expliquer les raisons de l’accident. Un rapport du DOE l’impute toutefois à une préparation insuffisante des personnels et à un mauvais entretien de l’installation souterraine. Une autre fuite radioactive, moins importante, aurait aussi été identifiée le 11 mars dans l’enceinte du centre de stockage, selon le New York Times.

Ouvert en 1999, le WIPP a reçu jusqu’à 6.000 mètres cube de déchets radioactifs par an, le plus souvent issus de la fabrication d’armes nucléaires. Sa fermeture pose un problème de poids aux autorités américaines. Un problème d’autant plus grand que les Etats-Unis vont recevoir du Japon, de la Belgique et de l’Italie plusieurs centaines de kilogrammes de plutonium et d’uranium enrichi de qualité militaire, selon un accord signé ce 24 mars lors du sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye.

Telles quelles, ces matières radioactives ne peuvent servir à la production d’énergie. Elles ont été «disséminées», durant la guerre froide, par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dans des pays alliés, officiellement à des fins de recherche.

Selon plusieurs rapports, le Japon, qui ne possède pas l'arme nucléaire, dispose de plus de 300 kilos de plutonium et près de 200 kilos d'uranium hautement enrichi, de l'uranium 235, une quantité pouvant permettre la construction de 40 ogives nucléaires.

Dans un communiqué, Washington s’est félicité de cette décision, «qui empêchera des criminels ou des terroristes d’acquérir ces matières». Selon une estimation de la Nuclear Threat Initiative, plus de 2.000 tonnes de matières fissiles de qualité militaire seraient encore stockées à travers le monde.

A supposer que les Etats-Unis les récupèrent, que deviendront ces matières dangereuses? Laconique, Washington s’est contenté d’indiquer qu’ils «seront orientés dans une installation sécurisée, où ils seront traités». Le WIPP est à l’heure actuelle la seule installation recevant des déchets nucléaires depuis l’abandon du projet de site de stockage à Yucca Mountain (Nevada). Et il est fermé.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus