Massif du Bargy: un répit pour les bouquetins

Le 12 octobre 2015 par Romain Loury
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70 bouquetins abattus
70 bouquetins abattus

La campagne d’abattage des bouquetins dans le massif du Bargy (Haute-Savoie) a été suspendue vendredi, ont indiqué au JDLE plusieurs sources concordantes. La décision aurait été prise par le ministère de l’écologie, suite à l’indignation de plusieurs associations.

De jeudi à vendredi, ce sont 70 bouquetins qui ont été abattus sur le massif du Bargy, sur les 200 à 250 qu’il s’agissait d’éliminer. Leur crime? Certains d’entre eux, environ 40%, hébergent la brucellose («fièvre de Malte»), une maladie transmissible à l’homme par la consommation de produits laitiers contaminés. En 2012, deux enfants d’une même famille en étaient tombés malades, après avoir mangé du fromage provenant d’un élevage bovin contaminé par des bouquetins infectés.

Présenté aussi bien comme une mesure de santé publique que de soutien au monde agricole, cet abattage indiscriminé était très décrié par les associations, et avait récolté plusieurs avis scientifiques négatifs, du CNPN comme de l’Anses [1]. La campagne a été interrompue vendredi soir, suite à une fronde associative qui semble avoir porté ses fruits. Car depuis jeudi matin, le sujet a fait l’objet d’une pluie de communiqués hostiles.

Parmi ces associations, la fondation Nicolas Hulot, à qui le cabinet de Ségolène Royal a annoncé samedi la suspension de la campagne. Et ce au moins jusqu’à l’examen, le 19 octobre, du recours en justice déposé par plusieurs associations auprès du tribunal administratif de Grenoble. Contactée par le JDLE, la préfecture de Haute-Savoie ne souhaite pas commenter le sujet, mais martèle dans un communiqué diffusé vendredi que «d’autres opérations seront conduites dans les semaines et mois qui viennent».

Rendez-vous à Grenoble

Contacté par le JDLE, Jean-Pierre Crouzat, administrateur de la Fédération Rhône Alpes de protection de la nature (Frapna), mise beaucoup sur cette audience du 19 octobre: «on va voir si l’avis de la communauté scientifique sera enfin pris en compte». Même écho du syndicat national de l’environnement (SNE-FSU), très opposé à cet abattage, et dont le secrétaire général Jean-Luc Ciulkiewicz déplore auprès du JDLE «une pression sur les personnels», en raison d’«un mauvais choix du préfet, avec le soutien du monde agricole et du monde vétérinaire».

Depuis cet épisode, les relations semblent s’être nettement tendues entre les associations et la préfecture. Dans son communiqué de vendredi, celle-ci évoque les conditions difficiles de la campagne, aussi bien climatiques (avec du brouillard jeudi) que du fait de «militants qui, depuis plusieurs semaines, ont activement effarouché les animaux afin qu’ils rejoignent des zones plus escarpées du massif», prenant ainsi «le risque inconsidéré de mettre en danger des agents publics».

Plusieurs de ces militants ont en effet été interpellés pendant l’opération, la préfecture citant même le cas de l’«un d’entre eux [qui] a fourni des renseignements précieux qui permettront, après exploitation par la gendarmerie nationale, d’établir les réelles responsabilités de ces comportements».

Des aveux spontanés? Pas vraiment, explique Jean-Pierre Crouzat. Selon ses affirmations, ces «renseignements précieux» consisteraient en une liste de contacts obtenue de la carte Sim d’une des personnes interpellées, après fouille de son sac en son absence. Quant à l’effarouchement d’animaux avant la campagne d’abattage, «on n’est pas dans un cirque», rétorque Jean-Pierre Crouzat.

[1] CNPN: Conseil national de la protection de la nature. Anses: Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.



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