Martin accorde 10 jours de chasse supplémentaires aux sauvaginiers

Le 23 janvier 2014 par Marine Jobert
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En France 16 000 à 17 000 oies cendrées sont tuées chaque année.
En France 16 000 à 17 000 oies cendrées sont tuées chaque année.
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«Vous, vous n’avez jamais rien fait pour les chasseurs!». La sortie est signée Philippe Martin, qui répondait le 22 janvier, lors des questions au gouvernement, à une adresse de Marc Laffineur. Le député UMP du Nord relayait «la colère des chasseurs de gibier d’eau de la Somme, du Nord, du Pas-de-Calais et du Médoc, obligés d’arrêter leur passion le 31 janvier». Comme chaque année, les sauvaginiers réclament une prorogation de la date de fermeture de la chasse au gibier d’eau. Une dérogation qui leur a été pour une fois accordée, puisque le ministère de l’écologie a fixé au 10 février la date de clôture de la chasse à l’oie cendrée, «une population en pleine expansion» précise l’arrêté. «Si ces 10 jours supplémentaires accordés aux chasseurs, c’est pour vous du mépris, gronde Philippe Martin, comment qualifiez-vous le fait que pendant 10 ans, les gouvernements que vous avez soutenus n’ont pas accordé un jour de plus à ceux que vous croyez défendre?»

 

Cette décision exceptionnelle aura-t-elle les effets pacificateurs escomptés? Car début janvier, les fédérations départementales des chasseurs du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme signaient un communiqué au titre éloquent «Gibier d’eau: nous chasserons en février». «Devant le manque de volonté de la Fédération nationale des chasseurs de défendre cette juste cause, devant le ras-le-bol de dizaines de milliers de chasseurs qui ne demandent qu’à en découdre, les responsables associatifs, soutenus par les présidents fédéraux, ont décidé que nous chasserons les oies sauvages et le canard siffleur jusqu’au 16 février 2014 à midi.»

 

Pour légitimer leur demande, les chasseurs nordistes font valoir que certains pays du Benelux procèdent au gazage de «centaines de milliers d’animaux». «Ils ne peuvent pas comprendre que dans les pays du nord de l’Europe, on détruit 150.000 oies par le gaz pour lutter contre les dégâts agricoles et la sécurité dans les aéroports», relaie à son tour Marc Laffineur.

 

Des considérations qui sont loin de convaincre plusieurs associations de protection de l’environnement. SOS Estuaire, Haute-Normandie Nature Environnement, la Ligue pour la protection des oiseaux et Agir pour la biodiversité Haute-Normandie ont écrit au préfet de région pour lui demander d’endiguer efficacement le «braconnage» qui se répète année après année en février. «Des milliers d'oiseaux migrateurs sont déjà victimes de la chasse dans l'estuaire de Seine, dont des oiseaux en mauvais état de conservation comme le courlis cendré ou le vanneau huppé et protégés dans la plupart des pays européens. Il nous apparaît absolument inconcevable dans ces conditions que des braconniers prolongent illégalement une situation déjà bien défavorable sur le plan de la conservation aux oiseaux migrateurs». La récente décision du ministre de l’écologie ne rend pas caduque la fin de leur courrier: les associations demandent que «tous les organismes officiels (Office national de la chasse et de la faune sauvage –ONCFS-, Maison de l'estuaire, gendarmerie, associations…)» soient mobilisés «pour prendre des mesures préventives qui seules pourront dissuader les braconniers». En clair, leur bloquer activement la route. L’an passé, rappellent-elles, l’arrêté d'interdiction d'utiliser la route de l'estuaire de la tombée de la nuit jusqu'au lever du jour «n'avait pas été respecté et les braconniers avaient massivement investi la réserve naturelle en garant leurs véhicules le long de la route de l'estuaire (20 à 30 voitures observées)».

 

 

 



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