Marseille: une vieille pollution problématique

Le 21 juillet 2005 par Christine Sévillano
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La préfecture a interdit l'accès de certains sites à proximité de Marseille en raison d'une pollution à l'arsenic et au plomb, issue d'une ancienne industrie. La réhabilitation des sites en cause est aujourd'hui problématique.

Depuis une semaine, certaines parcelles de la zone «Pointe-Rouge à Callelongue», dont la plage de Saména, située dans une petite crique de Marseille, ont été interdites d'accès et de pêche aux oursins et aux moules par la préfecture en raison d'une pollution à l'arsenic et au plomb. C'est une étude de l'Institut de veille sanitaire (INVS) qui a mis en évidence les risques sanitaires liés à ces polluants issus de l'industrie du XIXe siècle. Elle fait apparaître certains risques, comme la fréquentation de la plage de Saména et la résidence sur le site de l'Escalette, la consommation d'oursins qui présente un risque lié au plomb et celle de moules avec un risque dû aux facteurs cancérogènes de l'arsenic. L'INVS recommande ainsi, sur le plan sanitaire, un dépistage du saturnisme infantile surtout sur la zone de l'Escalette et une politique d'information du corps médical local. En ce qui concerne l'environnement, outre la fermeture de la plage et l'interdiction de la pêche, l'INVS demande une réhabilitation des sites pollués, même ceux qui n'ont pas été inclus dans l'évaluation des risques sanitaires, avec une priorité pour ceux qui sont habités ou fréquentés.

Une situation délicate à gérer pour la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca): l'administration ne peut se retourner ver les responsables de ces pollutions, puisqu'il s'agit d'une dizaine d'anciennes industries fermées depuis près d'un siècle. Sur la zone côtière, se trouvaient en effet une fonderie de plomb, une industrie de fabrication de soude chimiqueou encore des usines utilisant des fours à chaux qui profitaient de la proximité du transport maritime. Arsenic et plomb persistent donc depuis toutes ces années. «Aujourd'hui, nous pouvons simplement nous retourner vers les propriétaires, même si les dernières jurisprudences n'ont pas fait endosser le coût d'une dépollution aux propriétaires à défaut d'exploitants responsables. Sur ces sites, les propriétaires sont multiples», explique Brigitte Bessou, responsable de la subdivision de Marseille 2. On trouve en effet des collectivités locales (conseil général, mairie de Marseille), des sociétés civiles immobilières (SCI), des syndics ou des particuliers.

Une étude, financée par des crédits d'Etat, devrait permettre une évaluation globale de la pollution sur les sites à responsable défaillant, en somme quand il n'y a plus d'interlocuteur. Au terme de ce travail, deux solutions seront envisageables, soit un traitement global in situ des terrains pollués, soit une réhabilitation individuelle, chaque propriétaire devant dépolluer son terrain par ses propres moyens. «La première solution semble la meilleure, chaque propriétaire va certes devoir prendre en charge ses coûts de réhabilitation, mais l'approche globale permettra une mutualisation des coûts. Alors que si chaque propriétaire effectue un confinement individuel, les travaux de dépollution seront plus coûteux», conclut Brigitte Bessou.




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