Marseille: réduction des polluants des industries

Le 12 avril 2005 par Christine Sévillano
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marseille lavera
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Le Plan de protection de l'atmosphère (PPA) des Bouches-du-Rhône comprend de nombreuses mesures de réduction des polluants atmosphériques à destination des industriels. Mais ces obligations parfois contraignantes ne se décident pas sans eux.

Les 42 mesures du Plan de protection de l'atmosphère (PPA) des Bouches-du-Rhône sont en cours de consultation. Le PPA (1) contient des mesures d'application permanentes pour atteindre et respecter les objectifs de qualité de l'air fixés dans le Plan régional pour la qualité de l'air (PRQA). Pour la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), il s'agit de diminuer de 40% les émissions des polluants de l'air.

Elles concernent les transports individuels et collectifs, mais aussi les industriels. L'objectif consiste à baisser les niveaux d'ozone sur le département qui affiche des records de pollution chaque année (2). Le PPA vise plus précisément la diminution des dioxydes d'azote (NO2) et des poussières dans les villes de Marseille et d'Aix, mais aussi des émissions de benzène et de dioxydes de soufre (SOx) dans la zone industrielle de Fos. Autre réduction: les composés organiques volatils (Cov) et les dioxydes d'azote (NOx) émis par l'industrie et le trafic automobile. 15 de ces mesures ont déjà été adoptées d'urgence par arrêté préfectoral.

L'une de ces mesures prévoit la réalisation d'études technico-économiques de réduction des NOx et des SOx pour les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) émettant plus de 30 tonnes de Cov. Ce travail, qui concerne entre 25 et 30 ICPE locales, surtout dans la pétrochimie et le raffinage, doit permettre d'adapter les démarches de limitation de ces polluants en fonction des spécificités de chacune. «Nous avons déjà demandé aux industriels de nous préparer ces études, nous aurons le résultat cette semaine. En fait, nous ne pouvons mettre en place des mesures sans négocier avec eux. Mais les risques sanitaires des dépassements des SOx sont aussi de la responsabilité des pouvoirs publics», affirme Jean-Pierre Ulasien, chargé de la pollution atmosphérique à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Paca. Un point important si l'on considère que six communes riveraines de l'étang de Berre connaissent souvent des dépassements des valeurs limites des polluants atmosphériques.

Autre point fort de ce dispositif en réflexion: la réduction des teneurs en soufre dans les combustibles à 0,5% contre 1% actuellement afin de réduire les émissions de polluants. «Le produit existe sur le marché mais il va falloir attendre des ajustements en termes d'approvisionnement, ce qui sera notifié dans les études technico-économiques», poursuit Jean-Pierre Ulasien. L'obstacle réside dans le surcoût dû à la désulfurisation, d'autant plus que les industries ont déjà été contraintes au niveau national à une réduction de 1% de soufre au 1er janvier 2005. «Même si notre mesure de 0,5% n'est pas encore passée, les industriels envisagent déjà de remplacer le soufre par du gaz», affirme Jean-Pierre Ulasien.

Le benzène est également dans la ligne de mire des réductions proposées. Ainsi les stations essence qui délivrent 2.000 mètres cubes (m3) par an aux usagers, pourraient se voir imposer des équipements de récupération de vapeurs, alors que la législation nationale ne l'oblige que pour les stations qui servent au moins 3.000 m3. «Nous risquons toutefois de pénaliser des petites stations de campagne qui disposent de peu de moyens. Un tel équipement coûte entre 40 et 70.000 euros». Par conséquent, la mesure a été modérée, les stations équipées seront signalées et seront les seules à distribuer du carburant les jours de pics de pollutions. Enfin, une mesure vise davantage les véhicules même si la question de la faisabilité juridique se pose: les parcs automobiles publics et privés supérieurs à 20 unités devraient être renouvelés tous les cinq ans.

La consultation publique sur les 42 mesures devrait prendre fin le 1er septembre avant l'enquête publique. Les premiers arrêtés préfectoraux seront signés avant la fin de l'année 2005.



(1) Le PPA entre dans le cadre de la loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie du 30 décembre 1996.

(2) 60 jours en 2003 et 34 jours en 2004.




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