Marie-Odile Bertella-Geffroy contre-attaque

Le 14 février 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Qui prendra sa succession ?
Qui prendra sa succession ?

C’est une triste coïncidence. Alors que s’ouvre à Turin le procès en appel de l’amiante en Italie, la France s’apprête à débarquer la juge d'instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, coordinatrice du pôle Santé publique de Paris. Officiellement, la raison en est bêtement administrative. Depuis 2001, le chef d’une juridiction spécialisée ne peut rester plus de 10 ans à son poste. Le couperet devrait donc tomber le 3 mars prochain.

Comme elle en a l’habitude quand les choses vont mal, la vice-présidente (franco-italienne!) du tribunal de grande instance de Paris s’est donc répandue dans la presse. Invitée ce matin de France Inter, la magistrate a confirmé que ses avocats saisiraient le conseil d’état pour faire annuler la mesure administrative.

La juge d’instruction a profité de la tribune qui lui était offerte pour rappeler combien la justice française était démunie pour sanctionner les atteintes au droit de la santé environnementale. A commencer par le manque de moyens attribués aux magistrats spécialisés. «à Turin, le procureur Guarinielleo dispose de 30 personnes affectées au dossier Eternit, alors que je ne dispose que d’un seul enquêteur pour le dossier amiante», s’indigne-t-elle.

Un enquêteur diligenté par le ministère de l’intérieur. Donc, sans soutien des ministres de la justice et de l’intérieur, point d’avancée des dossiers. Un reproche qui lui est souvent fait. «C’est vrai que le dossier de Jussieu date de 1996, mais que peut faire un petit juge, tout seul, face au gouvernement», s’interroge-t-elle. A fortiori quand il croule sous les dossiers.

Car ses collègues ne lui facilitent pas la tâche. «Aucun juge d’instruction n’a voulu s’auto-saisir sur les dossiers que je suis.»

Invité à sa suite, Jean-Paul Teissonnière a lui aussi critiqué le dessaisissement de Odile Bertella-Geffroy. L’avocat de nombreuses victimes de l’amiante a rappelé «qu’il faudra des mois, voire plus» pour qu’un magistrat acquiert une fine connaissance du dossier de l’amiante.

L’avocat a aussi fustigé l’idée de dépénaliser les affaires de santé environnementale ou d’atteinte à l’environnement. «Tant que les industries gagneront plus d’argent en vendant des produits qu’en indemnisant les victimes de leurs dysfonctionnements, ils continueront.»



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