Margot: un site industriel sans responsable

Le 03 mai 2005 par Christine Sévillano
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Margot, la fonderie normande de robinetterie de luxe, a fermé ses portes l'an dernier, mais sa liquidation judiciaire pose des problèmes de sécurité du site ainsi que de gestion des déchets et de dépollution. Il devrait bientôt suivre la procédure pour être qualifié de «responsable défaillant».

Le 4 avril dernier, la Direction régional de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Haute-Normandie a effectué une nouvelle inspection sur la fonderie Margot à Eu (Seine-Maritime). En liquidation judiciaire, l'usine de fabrication de robinetterie de luxe, qui comptait 78 salariés, a fermé ses portes en mars 2004. Cette visite avait pour but d'expertiser le coût de retrait des déchets laissés sur le site au moment de sa fermeture. Quelque 60 tonnes de liquides divers, de déchets solides et d'un transformateur au pyralène doivent être évacuées du site pour un coût estimé à 45.000 euros. Cette somme devrait être consignée par le liquidateur judiciaire à la demande de la Drire. «Mais le liquidateur judiciaire paraît ne pas avoir les moyens financiers suffisants pour cette consignation. Il y a donc de fortes probabilités désormais que nous saisissions le ministère chargé de l'environnement pour que l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) prenne en charge ce site», explique Christian Legrand, adjoint au chef du service régional de l'environnement industriel de la Drire.

S'il n'est pas encore officiellement reconnu comme un site à responsable défaillant, la fonderie Margot a nécessité l'intervention de la mairie d'Eu et des pompiers au début du mois d'avril après un incident sécuritaire. De fortes pluies ont provoqué le remplissage et le débordement de bacs de déchets. «Les riverains avaient remarqué des écoulements de produits chimiques inconnus, mais la pollution est restée très localisée», explique Alain Gouttenoire, premier adjoint à la mairie d'Eu. Ils ont toutefois pu atteindre quelques ruisseaux selon la Drire. Les réservoirs ont depuis été provisoi

rement bâchés par la mairie et à la demande de la sous-préfecture et des barrages ont été établis pour éviter que se reproduise ce type de situation.

Prochaine étape: une étude simplifiée des risques afin de constater s'il existe une pollution des sols. Les salariés de l'usine ont en effet manipulé de nombreux produits chimiques, sans oublier que des résidus provenant des fusions de métal ou des sels de chrome et de cadmium ont pu détériorer le sol. «Nous soupçonnons une pollution des sols. En fait, il est rare sur un site industriel de ne pas en trouver. Mais vu la quantité restreinte des produits utilisés, l'ampleur de la pollution serait modeste. Nous n'avons pas d'inquiétudes non plus sur la santé des riverains», conclut Christian Legrand.




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