Marée noire : Washington n’est pas sans taches

Le 10 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Barack Obama donne enfin de la voix. A quelques heures de sa 4e visite sur les côtes polluées par la marée noire, le président américain a souhaité obtenir rapidement les résultats des enquêtes en cours, pour savoir « à qui botter les fesses ». Mais, à mesure que filtrent les informations, l’attitude de l’administration et du parlement américains apparaît de plus en plus critiquable.

 

Après avoir laissé une grande marge de manœuvre à BP pour maîtriser les conséquences du naufrage de la plateforme Deepwater Horizon, les autorités US commencent à faire les gros yeux au pétrogazier britannique. Dans une lettre adressée en début de semaine au directeur de l’exploitation de BP, Doug Suttles, le contre-amiral des garde-côtes, James Watson donne trois jours au groupe pour rendre publics ses projets de colmatage du puits fuyant et de nettoyage du pétrole. Un message qui n’apparaît pas très crédible, étant donné que les garde-côtes ont été étroitement associés à la mise en œuvre des précédentes opérations de sauvetage.

 

Mais le péché capital n’est sans doute pas là. Voilà des années que l’industrie pétrogazière explore et développe des gisements dans l’offshore profond et ultra-profond du golfe du Mexique, en général, et dans les eaux américaines, en particulier. Entre 1988 et 2008, le nombre de plateformes pétrolières et gazières a décuplé dans la région, rappelle The Washington Post. Dans les seules eaux américaines, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a comptabilisé, en 2006, 3.858 installations offshore de production et de prospection. Un nombre qui s’est encore accru : depuis le début de l’année 2010, par exemple, les eaux du sud des Etats-Unis comptent 30 nouvelles plateformes d’exploration et 141 nouvelles plateformes de production.

 

Problème, la troupe d’inspecteurs fédéraux de la sûreté du Minerals Management Service (MMS) n’a pas grossi en conséquence. Ils sont désormais 62 pour contrôler les milliers de plateformes marines des eaux du Golfe, soit à peine 13 % de plus qu’en 1985. Il y a quelques semaines, le Congrès a refusé au gouvernement un chèque de 900.000 dollars (750.000 euros) destiné à l’embauche par le MMS de 6 nouveaux inspecteurs. Résultat, et les pétroliers le reconnaissent, les contrôles fédéraux de sûreté des installations marines sont de plus en plus rares et de plus en plus rapides. Ce qui devait arriver…

 

 

 



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