Marée noire : Washington et BP se tiennent à la culotte

Le 24 juin 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

 

C’est un véritable match auquel se livrent désormais BP et l’administration Obama. Affaiblie par la pire marée qu’aient connue les Etats-Unis, cette dernière est sur des charbons ardents. Réalisé pour The Wall Street Journal et NBC, un sondage révèle que 48 % des personnes interviewées jugent sévèrement l’action du gouvernement contre les conséquences du naufrage de la plateforme de Deepwater Horizon : 5 points de moins en quelques semaines. Et cela ne devrait pas s’arranger.

Pour contourner la décision prise, mardi 22 juin, par un tribunal de La Nouvelle-Orléans (annulant le moratoire sur l’exploration et la production offshore pendant un semestre, ndlr), le secrétaire à l’Intérieur, Ken Salazar, a annoncé « un affinage » de la décision gouvernementale. Parallèlement, la National Oceanic and Atmospheric Administration (Noaa) a ré-ouvert, mercredi, 20.720 kilomètres carrés du golfe du Mexique à la pêche (soit 3 % de la zone initialement interdite), histoire de se concilier les pêcheurs des 4 Etats touchés par la marée noire. Apparemment de son propre chef, la Chambre des représentants a adopté, mercredi, une proposition de loi renforçant les pouvoirs de la commission d’enquête sur lacatastrophe. Si le texte est aussi voté par le Sénat, les congressmen auront un véritable pouvoir de police, leur permettant d’obliger à venir témoigner toutes les personnes qu’ils souhaitent entendre.

 

BP, de son côté, s’adapte à la situation. Après avoir dû ôter l’entonnoir (pour éviter tout risque de formation d’hydrates) qui permet la récupération d’une partie du brut du puits fuyant, le pétrogazier a annoncé, mercredi, sa réinstallation. La compagnie estime toujours collecter environ 25.000 barils par jour, dont 62 % sont provisoirement stockés dans les soutes d’un navire. Le reste étant brûlé sitôt la surface de l’océan atteinte. Secoué par les erreurs et les frasques de Tony Haymard, son directeur général, BP a nommé un nouveau responsable des opérations de lutte contre la marée noire. Originaire du Mississipi, Bob Dudley, 54 ans, était le rival malheureux de Tony Haymard pour le poste de DG de la compagnie, il y a trois ans.

 

Patron de la Gulf Coast Restauration Organisation, il devra coordonner, avec les garde-côtes, les opérations de secours et de nettoyage du littoral. Il tiendra aussi le fonds de 20 milliards de dollars (16,3 milliards d’euros) que BP doit créer, à la demande du gouvernement américain. Tout le problème est de savoir si cette manne sera suffisante. Car des estimations commencent à tomber. Outre les centaines de kilomètres de plages et de marais pollués, la faune commence à payer un lourd tribu. Des centaines d’oiseaux de mer et de tortues et des douzaines de mammifères marins (dont un cachalot) ont été retrouvés morts, en mer, ou sur les plages. Un bilan qui n’est encore que provisoire. Car de forts orages menacent actuellement Cuba, Hispaniola et la Jamaïque. Selon les prévisionnistes météo, ils pourraient former une tempête tropicale, voire un ouragan, avant la fin de lasemaine. Ce n’est pas une surprise. Les météorologues l’ont annoncé : la saison cyclonique de l’Atlantique Nord – qui a débuté le 1 er juin - devrait être l’une des plus virulentes depuis 2005, l’année de Katrina et de Rita.  



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus